Salah Abdeslam, 36 ans, détenu à l’isolement à la prison de Vendin-le-Vieil, contestait devant le tribunal administratif de Lille le maintien de parloirs avec hygiaphone. Dans une ordonnance rendue le 10 juin et consultée par La Voix du Nord, la juridiction a rejeté sa demande, estimant qu’aucun de ses arguments ne faisait naître de doute sérieux sur la légalité des décisions attaquées.
Condamné à la perpétuité incompressible pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et à Saint-Denis, Salah Abdeslam souhaite que ses visites puissent se dérouler sans séparation physique. Le dispositif lui avait été réimposé le 21 novembre 2025, quelques jours après deux gardes à vue dans l’affaire d’une clé USB que son ancienne compagne est soupçonnée de lui avoir remise en détention, avec de la propagande jihadiste. Celle-ci a été mise en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » dans un dossier connexe, contrairement à Salah Abdeslam.
Pour justifier une nouvelle mesure de parloir avec hygiaphone, l’administration pénitentiaire a produit de nouveaux éléments. Selon l’ordonnance, le 4 avril, Salah Abdeslam aurait demandé à un autre détenu s’il pouvait lui trouver l’adresse du directeur de la prison de Vendin-le-Vieil afin d’envoyer « deux ou trois gars » pour faire « une catastrophe » et sans « vouloir attendre 2086 ». Le 5 février 2026, dans un autre échange, il aurait également « donné une dimension spirituelle à leur affectation dans le même établissement ».
Salah Abdeslam « conteste formellement » les « propos menaçants qui lui sont prêtés », a indiqué son avocat, Me Benoit David. Celui-ci dénonce des griefs contenus dans une note blanche des services de renseignement et évoque « une démarche d’acharnement ». L’administration pénitentiaire affirme au contraire s’appuyer sur « plusieurs faits sourcés et exacts », issus d’opérations d’écoute ou de surveillance, qui démontreraient la « dangerosité persistante » du dernier membre vivant du commando du 13-Novembre, attentat qui a fait 132 morts et plus de 400 blessés.



