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Le tribunal a relaxé, mardi 9 juin 2026, plusieurs responsables d’extrême droite poursuivis en diffamation par Sophie Djigo. La philosophe et enseignante en classe préparatoire dans le Nord avait subi un important cyberharcèlement en novembre 2022 après avoir proposé à ses étudiants un projet pédagogique à Calais autour de l’exil, des migrations et des frontières.

Selon le texte, la sortie scolaire devait initier les élèves à l’ethnographie dans le cadre d’un travail consacré aux frontières. Elle a finalement été annulée après la polémique. Sophie Djigo affirme avoir vu ses coordonnées personnelles fuiter et avoir reçu des commentaires racistes, sexistes et des menaces. L’épisode a entraîné un arrêt de travail, une protection policière, une inquiétude familiale et une mutation dans un autre lycée de la région.

L’enseignante avait engagé deux volets judiciaires. Cinq personnes ont été condamnées cette année à des peines de cinq à huit mois de prison avec sursis pour cyberharcèlement. Elle poursuivait également neuf personnalités pour diffamation, après des accusations publiques de « propagande » pour le « grand remplacement ». Parmi les personnes jugées figuraient Éric Zemmour, le député RN Alexandre Dufosset, le sénateur Joshua Hochart, des cadres du Rassemblement national des Hauts-de-France et des responsables du site Riposte laïque.

Après la relaxe prononcée mardi, Sophie Djigo a réagi avec amertume : « J’espérais leur condamnation mais j’ai perdu ». Elle estime que « l’extrême droite a donc le droit d’accuser des enseignants d’endoctriner leurs étudiants et de les exposer à la violence ». L’enseignante, 43 ans, dit avoir traversé « des moments difficiles » avec sa famille et affirme : « Je ne peux pas oublier les fêtes de Noël sous protection policière ».

Dans l’entretien, Sophie Djigo explique que les attaques n’ont pas mis fin à son engagement. « J’ai perdu en naïveté mais il n’a jamais été question pour moi d’arrêter mon métier. C’est même l’inverse. Je suis à la bonne place », déclare-t-elle. Fondatrice de l’association Migrations 59 en 2018, elle dit ne pas être adhérente à un parti et présente son engagement comme lié « au droit et à la dignité humaine ».

Libération

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