Après deux mois et demi de grève et d’occupation de leur salon de coiffure, les neuf travailleuses sans papiers du 65 boulevard de Strasbourg ont été régularisées par la préfecture de police en tant que victimes potentielles de traite des êtres humains.
Un combat de soixante-dix-huit jours, pour une victoire. Mardi 19 mai, les travailleuses du salon de beauté et de coiffure afro du 65 boulevard de Strasbourg, dans le Xe arrondissement, ont levé l’occupation de leur lieu de travail, après deux mois et demi de grève. La préfecture de police de Paris a délivré des titres de séjour aux neuf travailleuses sans papiers du salon – sur treize employées.
« Je n’en reviens toujours pas. Je suis très, très émue, souffle Bintou Fadimatou, esthéticienne depuis cinq ans à Sabadou & Jade. Enfin, on va pouvoir sortir de la vulnérabilité, après des années à souffrir et à tourner en rond pour essayer d’avoir des papiers. » La salariée témoigne de la fierté de « l’unité » des employées du salon qui ont lutté « sans division » pendant plus de deux mois. « Leur détermination a été sans faille », se réjouit la CGT dans un communiqué de presse.
C’est elle qui a pris attache avec la CGT, après des mois de salaires impayés. « Je n’avais plus d’espoir. C’est pour cela que j’ai eu le courage de faire ça », confiait-elle. Le syndicat a permis l’organisation des travailleuses et la préparation minutieuse de ce mouvement de grève et d’occupation, douze ans après une grève similaire au numéro 57 du même boulevard.
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