Manger et boire à la même table est l’origine même de l’idée de convivialité. Le banquet est au centre de l’histoire des groupes sociaux en France à travers les âges.
Les banquets du Canon français déchaînent les passions. Ses organisateurs estiment valoriser le terroir et le patrimoine français et ne pas faire de politique. Leurs détracteurs, quant à eux, les accusent de démarche militante et la condamnent. Une telle controverse peut paraître étrange au sujet d’une activité aussi ancienne que l’humanité. Mais il est vrai que la pratique du banquet, valorisée dans toutes les civilisations depuis des millénaires, engage une certaine idée de la sociabilité. Le banquet, au sens strict, est un festin organisé avec cérémonie pour célébrer ou commémorer un événement important. Au sens large, c’est tout repas qui réunit une assistance nombreuse partageant le plaisir d’être ensemble. Le mot convivialité vient du latin convivium, qui désigne un repas de fête pris en commun.
L’histoire des banquets dans la société française depuis le Moyen-Âge ne peut se raconter sans évoquer leur importance dans l’Antiquité grecque et romaine, qui a nourri la culture européenne. La mythologie grecque dépeint le banquet comme le passe-temps favori des dieux. C’est la marque de leur bonheur, de leur insouciance dans l’Olympe. L’homme civilisé, lui, pour les Grecs, transforme la nécessité animale de se nourrir en moment de sociabilité.





