Le gouvernement veut « simplifier » la procédure permettant de titulariser les médecins diplômés hors Union européenne, les Padhue, qui exercent en France dans des conditions précaires. L’annonce a été faite mercredi 29 avril par le ministère de la Santé, deux jours après qu’Emmanuel Macron s’est emporté sur le sort de ces praticiens, notamment algériens, contraints de repasser des concours malgré parfois plusieurs années d’exercice à l’hôpital.
Aujourd’hui, ces praticiens doivent passer les EVC, épreuves de vérification des connaissances, puis suivre un parcours de consolidation des compétences, le PCC, généralement présenté comme une forme de stage de deux ans, avant qu’une commission dédiée ne les autorise ou non à exercer. Le ministère souhaite modifier ce dispositif afin de sortir d’une « logique de concours », fondée sur l’ouverture de postes selon les besoins territoriaux et l’attribution de ces postes en fonction du rang de classement. Selon le cabinet de la ministre Stéphanie Rist, ce système peut conduire un médecin déjà inséré dans un établissement du sud de la France à devoir partir dans le nord, « cassant la dynamique » de son insertion.
Le gouvernement affirme vouloir « reconnaître » l’exercice des Padhue tout en garantissant « la sécurité des soins ». Il souhaite désormais aller vers une logique d’« examen », davantage liée à l’établissement où le médecin travaille déjà. Une loi sera nécessaire, et l’exécutif entend utiliser « tout vecteur législatif qui permettra de le faire ».
Le ministère veut également donner « plus de poids aux chefs de service qui les encadrent » dans la validation finale du parcours, mieux fixer les « attendus » en amont des PCC, et régler la situation de médecins exerçant dans une spécialité qui ne figure pas sur leur diplôme initial, ce qui les empêche aujourd’hui de s’inscrire au concours. Ces praticiens sont jugés « précieux pour nous, en termes d’accès aux soins ». Le ministère rappelle enfin que la loi Santé, entre 2019 et 2023, a déjà contribué à régulariser une partie du « stock » de Padhue dont les situations administratives étaient bloquées depuis des années.





