Il n’est jamais trop tard. La Direction générale des finances publiques (DGFIP) a tenté, ce dimanche, d’éteindre la polémique née du témoignage de Benjamin Brière, ancien otage en Iran, qui raconte avoir été sèchement rappelé à l’ordre par le fisc pour ne pas avoir déclaré ses revenus pendant ses trois années de captivité.
On aurait presque du mal à le croire. Sur le plateau du Figaro TV, il relate une situation «lunaire», celle d’un échange avec un agent de la DGFIP qui, après lui avoir demandé pourquoi il n’avait rien déclaré depuis quatre ans, lui aurait rétorqué que «même en prison, on fait sa déclaration» avant d’ajouter que sa famille «aurait pu le faire».
«Ma famille n’a pas pu s’en occuper. J’avais ma famille en moyenne quinze minutes toutes les quatre à six semaines au téléphone : vraiment, les impôts ça m’a échappé», raconte l’intéressé. Libéré en mai 2023 après 1079 jours de détention pour des accusations d’espionnage et de propagande, le trentenaire s’est heurté à une nouvelle épreuve, celle du labyrinthe administratif de l’Hexagone. (…)
La DGFiP a reconnu qu’une agente « n’avait pas perçu la gravité de la situation » de l’ex-détenu, précisant que Benjamin Brière avait par la suite été reçu dans un autre département par la responsable d’un centre des impôts, et que sa situation avait été « rapidement régularisée, avec tout le soin que méritait ce cas hors norme ». (…)
Benjamin Brière, 40 ans, a été détenu entre 2020 et 2023 en Iran, condamné à huit ans et huit mois de prison pour « espionnage » et « propagande » contre le régime iranien. Depuis son retour, il témoigne régulièrement des obstacles administratifs rencontrés à sa libération, et milite aux côtés de l’association SOS Otages pour la création d’un statut juridique spécifique aux anciens otages.




