Fdesouche


Au tribunal correctionnel de Meaux, ce mercredi 8 avril, trois hommes sans-papiers ont été jugés après des violences commises dans une chambre du centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne. Face aux juges, un Algérien de 30 ans a maintenu avoir été frappé par trois autres retenus avant de subir une agression sexuelle. Les prévenus, eux, ont livré une version radicalement différente.

Selon le récit de la victime, les faits se sont déroulés le vendredi 3 avril. L’homme a expliqué avoir été roué de coups, puis forcé à se mettre à quatre pattes. L’un de ses agresseurs aurait alors, selon ses déclarations, tenté de le sodomiser. Lorsqu’ils l’ont vu arriver, les policiers chargés du centre l’ont découvert « littéralement effrayé », avec des hématomes sur le corps et au visage. Il bénéficie d’une incapacité totale de travail pénale de trois jours. L’agression à caractère sexuel n’était toutefois pas poursuivie par le parquet de Meaux, si bien que les trois hommes ont comparu uniquement pour des violences en réunion.

À l’audience, la victime a affirmé qu’il s’agissait d’une vengeance après un échange d’insultes. Son avocate, Me Delphine Borowik, a déclaré : « Mon client a été menacé, frappé, séquestré. Ce qui le terrorise, c’est le viol qu’il a subi. Il était tellement terrorisé qu’il a escaladé le grillage. Il a peur des représailles, il faut une interdiction de contact. Je suis choquée de voir que dans le box, deux des prévenus sourient et rigolent. » De son côté, Me Valérie Vieira, avocate de la défense, a relevé : « Ce sont deux versions diamétralement opposées, qui ne peuvent pas coexister. »

Les trois prévenus, d’origine algérienne et marocaine et âgés de 23 à 28 ans, ont soutenu que la victime avait « des lames » sur elle et qu’ils craignaient pour leur sécurité. Selon leur version, ils avaient à plusieurs reprises alerté les fonctionnaires chargés de leur surveillance, sans résultat. « Ils se sont dit : puisque personne ne fait rien, c’est à nous de le faire. Ils reconnaissent une claque, une bousculade, cela s’arrête là. Pour eux il y avait un danger imminent », a plaidé leur avocate. Le procureur Éric de Valroger a requis jusqu’à dix mois de prison ferme, regrettant l’insécurité et « la loi de l’omerta » dans ces lieux de rétention. Les trois hommes ont finalement été condamnés à des peines de 8 et 10 mois de prison ferme, avec mandat de dépôt, ainsi qu’à des interdictions du territoire français pendant dix ans.

Le Parisien

Agence de marketing prémonition présentation

En direct sur X :

Fdesouche sur les réseaux sociaux

En direct sur X :