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Une partie des relais traditionnels du royaume chérifien dans l’Hexagone a été gelée ces dernières années. Leur recomposition reste incertaine, tandis que les nouvelles voix peinent à remplacer les figures les plus médiatiques.

Ce 30 juillet 2024, la ministre de la culture Rachida Dati (binationale) fait des étincelles dans sa robe chemise Schiaparelli. Le vêtement de soie aux imprimés inspirés du surréalisme détonne parmi les djellabas, les tailleurs sobres et les costumes cravates qui se pressent alors à M’diq. La cité côtière du nord du Maroc accueille ce jour-là les célébrations du 25e anniversaire de l’intronisation de Mohammed VI. Dressées pour l’occasion, des tentes rouges et vertes protègent les convives – membres du gouvernement, hauts fonctionnaires, gradés et dignitaires étrangers – du feu brûlant de l’été marocain.

La fête a cette fois-ci une résonance particulière. Au petit matin, le cabinet du roi a dévoilé le contenu d’une lettre d’Emmanuel Macron adressée au souverain. « Je considère que le présent et l’avenir du Sahara occidental s’inscrivent dans le cadre de la souveraineté marocaine », écrit le chef de l’Etat. « Ce cours de l’histoire est essentiel et irréversible. Nous en sommes tous les architectes », tweete Rachida Dati dans l’après-midi.

Deux autres binationaux, Mehdi Qotbi, président de la Fondation nationale des musées du Maroc, et Tahar Ben Jelloun, prix Goncourt 1987, ont fait de même. Pendant que Jack Lang, alors président de l’Institut du monde arabe (IMA), transmettait ses conseils à Emmanuel Macron. Quelle que fut leur influence dans la décision du chef de l’Etat, ces gardiens de l’amitié franco-marocaine l’ont répété en chœur : il faut renouer au plus vite avec le Maroc et son roi. […]

Le remplacement de Jack Lang par une diplomate de carrière, Anne-Claire Legendre, marque une rupture. La nouvelle présidente de l’IMA (Institut du Monde Arabe), précédemment conseillère d’Emmanuel Macron pour l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, ne profitera pas des largesses du roi, fait savoir un familier de l’institution. Jack Lang ne s’en privait pas, qui séjournait régulièrement au Royal Mansour, le palace de Mohammed VI, aux frais du monarque. […]

Les municipales des 15 et 22 mars ont été suivies de près par la vingtaine de consulats du Maroc en France. Chargé de « veiller à la défense des intérêts des Marocains », le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger s’était félicité, en 2020, de l’élection de maires binationaux. Abdelaziz Hamida, à Goussainville (Val-d’Oise), Karim Bouamrane, à Saint-Ouen-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), et Ali Rabeh, à Trappes (Yvelines), ont été réélus, tandis que les victoires de la droite et de l’extrême droite, traditionnellement alignées sur les positions du Maroc, présagent de futurs rapprochements au niveau local. A Nice, le nouvel édile, Eric Ciotti, a été un porte-voix des thèses de Rabat sur le Sahara occidental.

Rien de comparable, néanmoins, avec le symbole qu’aurait représenté l’élection de Rachida Dati à la Mairie de Paris. Lot de consolation pour les réseaux franco-marocains, la première adjointe d’Emmanuel Grégoire (Parti socialiste) se nomme Lamia El Aaraje, née à Rabat. Avec Najat Vallaud-Belkacem, ex-ministre de l’éducation (2014-2017), et Fatima Yadani, cadre du parti, l’ancienne députée socialiste avait salué le repositionnement de la France dans le dossier sahraoui. […]

Le Monde

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