Les visages déchirés, jetés au sol. Des photos monumentales de victimes des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, installées dans le cadre d’une exposition pour le 10e anniversaire des attaques terroristes dans le quartier Schuman, auraient été profanées. C’est ce qu’a constaté l’association Life for Brussels qui a mis en place l’exposition. Life for Brussels a déposé plainte et une enquête est en cours.
« Je n’arrive pas à contenir mes larmes, je frissonne de tout mon corps devant ces photos mutilées… C’est comme si on nous frappait une seconde fois. Voir nos visages ainsi jetés à terre, c’est d’une violence insoutenable que je ne peux expliquer », a indiqué une victime, selon le communiqué de cette association de défense des victimes de terrorisme. (…)
La quasi-totalité des supports ont été retrouvés gravement endommagés, certains ayant été littéralement arrachés à leurs structures, détaille l’association. Cette exposition présentait des portraits de deux mètres sur deux, mettant en lumière le vécu et la parole des victimes des attentats du 22 mars. Les photos, auparavant exposées au Parlement fédéral, avaient été installées sur le trottoir du rond-point Schuman afin que les victimes empruntant le chemin entre le monument en hommage aux victimes d’actes de terrorisme de la rue de la Loi et le Résidence Palace puissent les contempler lors des commémorations.
Face à l’ampleur des dégâts, une plainte a été déposée et une enquête de police est en cours. Si l’état des photos suggère une possible dégradation volontaire, l’association souhaite rester prudente et attend les conclusions officielles des autorités avant de se prononcer sur la nature exacte de l’incident. (…)
Présentée notamment à la place de la Monnaie, l’exposition avait marqué les esprits, permettant au public de mettre des visages sur les victimes et leurs parcours.
Aujourd’hui, Life for Brussels lance un appel aux dons. « Nos moyens sont aujourd’hui épuisés. Sans soutien financier extérieur, la réimpression de ces œuvres et la poursuite de cette mission sont impossibles ».
L’association refuse de voir ce projet s’arrêter là : « Nous ne voulons pas laisser ces visages meurtris au sol. Nous voulons qu’ils se relèvent pour que leur message continue de circuler ».




