Vingt-trois ans. Depuis 2003, les bouquinistes ont pris leur quartier place Sainte-Anne à Rennes (Ille-et-Vilaine) et font partie intégrante du paysage. Leur rapide passage place Hoche, en raison des travaux de la ligne B du métro, n’a pas entaché leur amour pour Sainte-Anne. Preuve en est, ils ont regagné l’emblématique place rennaise, dès la fin du Covid-19, affirmant un peu plus leur attachement à cet endroit.
Mais depuis quelques temps, cet amour s’effrite. « Des tensions naissent du fait de la présence de dealers, il y a des affrontements réguliers entre eux. Les violences sont devenues plus fréquentes et plus importantes, ces dernières semaines. C ’est monté d’un cran. Cette situation se répète régulièrement et est dénoncée par l’ensemble des collègues », relate les commerçants d’une seule voix.
Compte tenu de cette ambiance pesante, la plupart d’entre eux (ils sont une vingtaine au total), se sont mis d’accord samedi 21 mars 2026, pour ne pas payer leur droit de place, racontent nos confères du Télégramme. «Nous voulons alerter les services de la Ville sur cette ambiance délétère. On en a fait part aux placiers, pour qu’ils fassent remonter l’information. Nous demandons plus de passages de la police municipale par exemple. »
Tous insistent sur ce point : «Ce ne sont pas les punks à chien qui posent problème, on s’entend plutôt bien avec eux. C’est plutôt une petite bande qui traîne et qui a de l’emprise sur la place en fin d’après-midi. C’est inquiétant. » Contactée, la Ville répond qu’elle «a bien entendu l’alerte des bouquinistes de la place Sainte-Anne. Le dialogue avec eux va se poursuivre. » Elle assure que «la police municipale est fortement mobilisée au quotidien. La Ville travaille également en lien étroit avec la police nationale pour organiser des opérations conjointes. »
[…]



