Une plainte pour viol et plusieurs signalements pour des faits à caractère sexuel ont été déposés contre cet homme qui travaillait au sein de la crèche Lagon des Ours, dans le XIe arrondissement de Paris. Des parents témoignent.
Il est tout juste 17h30, ce jeudi après-midi, à Paris. Dans le XIe, rue des Bluets, des parents viennent au compte-goutte chercher leurs enfants dans cette crèche, dont les larges fenêtres sont protégées par une vitrophanie. La plupart ne souhaitent pas s’épancher. « C’est forcément angoissant », lâche une mère. Quelques heures plus tôt, le site d’information Mediapart publiait un article sur des accusations de violences sexuelles visant un éducateur petite enfance du Lagon des Ours, une structure rattachée à l’association ABC Puériculture. Mais ces parents n’ont rien découvert.
Le 2 décembre, ils étaient invités par la direction de la crèche à une « réunion exceptionnelle », justifiée par « la divulgation partielle d’éléments liés à une affaire datant de 2023 », selon un mail que nous avons pu consulter. À cette fameuse réunion, les parents tombent de leur chaise : en février 2023, des parents avaient alerté la direction de la crèche à la suite de propos tenus par leur enfant évoquant des violences sexuelles de la part d’un éducateur petite enfance de la structure. À l’époque, l’éducateur avait été suspendu, et une enquête interne diligentée. Elle s’était soldée par la réintégration du professionnel. […]
Selon nos confrères de Mediapart, cinq signalements ont été effectués. Audrey et Sébastien, eux, ont décidé le 2 février de déposer plainte avec constitution de partie civile, directement auprès du procureur de la République. Dans un premier temps pour des faits de « violences sexuelles », selon les termes qu’ils ont choisis dans leur courrier, puis pour des faits de viol dans un complément de plainte. Car Evan [l’une des victimes présumées] s’est mis à parler. Mi-décembre, ses parents ont décidé de le retirer du Lagon aux Ours, et depuis son comportement a changé. Evan va mieux, les crises se sont éloignées, et les terreurs nocturnes ont quasiment disparu. […]
Plus d’un mois et demi après leur dépôt de plainte, Audrey et Sébastien n’ont pas encore été contactés par la Brigade de protection des mineurs. « Nous sommes toujours au stade du signalement, avec une capacité limitée du parquet de Paris à faire face de toute façon à un flot qu’ils n’arrivent pas à endiguer », considère Maitre Marie Grimaud. […]




