Depuis 2024 le premier ministre Luís Montenegro (membre du parti social-démocrate) a pris plusieurs mesures de durcissement de la politique migratoire.
Le gouvernement portugais de droite a adopté jeudi une réforme législative visant à faciliter et accélérer l’expulsion d’immigrés clandestins, poursuivant ainsi le durcissement de la politique migratoire du pays ibérique entamé il y a deux ans. «Il doit y avoir des conséquences à l’illégalité et cela implique la reconduction, et une reconduction plus rapide», a déclaré le porte-parole du conseil de ministres Antonio Leitao Amaro à l’issue d’une réunion de l’exécutif. «Le Portugal se comptait parmi les pays d’Europe avec des taux de reconduction les plus bas», a-t-il fait valoir.
Le texte sera désormais soumis au vote du Parlement, où le gouvernement ne dispose pas de majorité mais a jusqu’ici pu compter sur les voix de l’extrême droite pour voter d’autres mesures de contrôle de l’immigration. Concrètement, le projet de loi prévoit notamment une réduction des délais administratifs des procédures de reconduction, une révision des critères permettant aux migrants d’éviter une telle décision, le traitement en parallèle des procédures de demande d’asile, pour que celles-ci ne deviennent pas une «manœuvre dilatoire», ou encore l’allongement des interdictions de retour sur le territoire portugais de personnes expulsées, a précisé Antonio Leitao Amaro.
Cette réforme prévoit également un allongement du délai pendant lequel les migrants peuvent être placés dans des centres de détention provisoire, et qui pourraient dorénavant atteindre 18 mois, contre 60 jours actuellement. Le ministre a cité le cas d’une quarantaine de migrants arrivés l’été dernier dans le sud du pays à bord d’une embarcation en provenance du Maroc, qui avaient été remis en liberté puis s’étaient échappés aux autorités avant que la procédure visant leur expulsion n’aboutisse. «Toute l’Europe allonge ces délais», a argumenté Antonio Leitao Amaro en précisant que l’Union européenne se prépare à adopter d’ici la fin de l’année une législation fixant le délai maximum de détention provisoire à deux ans. […]




