C’est notamment le cas de Kamel A., avocat au barreau de Lyon (Rhône), soupçonné d’avoir notamment favorisé les communications à l’extérieur des cadres de la DZ incarcérés, leur permettant de poursuivre leurs activités illégales. Le parquet a requis un mandat de dépôt à son encontre.
L’arrestation de cet auxiliaire de justice confirme en tout cas une crainte évoquée dès janvier 2025 par Franck Rastoul, le procureur général d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône). Le haut magistrat avait alors alerté sur le fait que « l’argent et la drogue corrompent parfois les pratiques professionnelles » de certains avocats, précisant évidemment qu’il ne s’agit que d’une extrême minorité de conseils. Cela avait alors provoqué une levée de boucliers au sein de la profession.
Les nombreux mandats de dépôt requis par le procureur de Marseille attestent du sérieux des charges accumulées par les gendarmes durant une année et demie d’une enquête menée tous azimuts. Des prisons aux labels de rap marseillais, les investigations ont ciblé la « direction d’un groupement ayant pour activité le trafic de drogue » — une infraction passible de la réclusion criminelle à perpétuité — et le « blanchiment aggravé ». Les enquêteurs ont traqué les chefs de la DZ Mafia à force d’écoutes et de sonorisations, mais ont surtout concentré leurs efforts sur les flux financiers du cartel marseillais.
Comme révélé par Le Parisien – Aujourd’hui en France, les enquêteurs et les magistrats ont notamment mis au jour le rôle du label de rap Youleuh Records dans le processus de blanchiment du groupe criminel. Le rappeur marseillais Dika et plusieurs de ses proches font partie des personnes interpellées, soulevant des interrogations sur l’infiltration du crime organisé dans le milieu musical. Le rappeur doit être présenté ce vendredi à un magistrat instructeur en vue d’une mise en examen. Un de ses confrères a également été interpellé. Mais ce n’est pas tout. Selon une source judiciaire, des saisies pouvant atteindre plusieurs millions d’euros ont été réalisées lors des opérations menées en début de semaine.
La gendarmerie a notamment mis la main sur des véhicules de luxe. Ces véhicules très onéreux appartenaient à des sociétés de location de voitures haut de gamme, soupçonnées d’avoir en réalité servi à blanchir l’argent glané par la DZ Mafia dans le cadre du trafic de stupéfiants. Selon nos informations, plusieurs biens immobiliers ont par ailleurs été ciblés au cours de l’enquête. Les investigations financières des gendarmes conduiraient aussi à l’étranger, où des fonds liés à la DZ Mafia auraient été localisés, témoignant de l’étendue internationale de leurs activités.
Le parquet de Marseille avait d’ailleurs lancé cette stratégie il y a plusieurs mois en démantelant un vaste de réseau de blanchiment utilisé notamment par la DZ Mafia. L’enquête avait permis aux gendarmes de saisir 55 kg d’or pur sous forme de lingots et près de 2,4 millions d’euros en liquide.




