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En février 2017, l’affaire autour de Mehdi Meklat éclate brutalement. Des internautes exhument des centaines de tweets publiés sous le pseudonyme « Marcelin Deschamps », contenant des propos antisémites, misogynes, homophobes ou appelant à la violence contre des personnalités publiques.

Le scandale est immédiat. Mais dans les premières heures de la polémique, plusieurs figures médiatiques ou intellectuelles issues de la gauche appellent à la prudence, à la compréhension ou à la nuance, évoquant la jeunesse de l’auteur, un « personnage » sur les réseaux sociaux ou la possibilité d’une évolution personnelle.


Une figure médiatique portée par la gauche culturelle

Avant la polémique, Mehdi Meklat est une figure montante du paysage médiatique. Avec son ami Badroudine Saïd Abdallah, il forme le duo « Les Kids », chroniqueurs réguliers sur France Inter et auteurs au Bondy Blog.

Le duo est largement mis en avant par plusieurs médias culturels, notamment Les Inrockuptibles, qui les présentent comme une nouvelle voix de la jeunesse des quartiers populaires.

Cette promotion médiatique explique en partie la gêne de certains milieux intellectuels lorsque les tweets sont révélés.


Les appels à ne pas « détruire un jeune homme »

Dans les premières réactions publiques, le journaliste Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, appelle à ne pas transformer l’affaire en lynchage médiatique.

« Il ne faut pas participer à la destruction d’un jeune homme. »

L’écrivain Edouard Louis évoque quant à lui la question des trajectoires sociales et de la transformation individuelle.

« La question est aussi celle de la transformation des individus et de la possibilité de changer. »

Plusieurs commentateurs expliquent alors que les propos pourraient correspondre à un personnage provocateur construit sur Twitter.


Pascale Clark : « Je connais Mehdi »

L’une des réactions les plus commentées vient de la journaliste Pascale Clark, qui avait accueilli Mehdi Meklat dans ses émissions.

Sur Twitter, elle écrit :

« Je connais Mehdi. Ce n’est pas ce garçon. »

Elle évoque également l’idée d’un personnage numérique distinct de la personne réelle, une explication avancée par plusieurs soutiens dans les premières heures de la polémique.


Rokhaya Diallo : condamner sans participer au lynchage

La journaliste et militante Rokhaya Diallo appelle pour sa part à condamner les propos tout en refusant l’emballement médiatique.

Dans ses interventions sur les réseaux sociaux, elle insiste sur la nécessité de ne pas transformer l’affaire en tribunal numérique.

« On peut condamner les propos sans participer au lynchage. »


Christiane Taubira : une réaction plus ambivalente

L’ancienne ministre Christiane Taubira adopte une position plus nuancée. Dans un message publié après l’affaire, elle condamne les propos mais appelle à comprendre la contradiction entre l’œuvre et les tweets.

« Il y a quelque chose à purger. »

Elle ajoute :

« Il ne peut résider dans un même esprit la beauté d’une littérature et la hideur de telles pensées. »


Des soutiens militants sur les réseaux sociaux

Sur Twitter, plusieurs militants et journalistes proches de la gauche antiraciste dénoncent également ce qu’ils perçoivent comme un lynchage numérique.

Certains messages affirment par exemple :

« On ressort des tweets vieux de plusieurs années pour détruire quelqu’un. »

D’autres mettent en avant l’évolution personnelle de l’auteur et son travail journalistique.


Une défense rapidement fragilisée

Cependant, à mesure que la quantité et la violence des tweets apparaissent, la plupart des soutiens se retirent.

Les médias qui avaient promu Mehdi Meklat prennent rapidement leurs distances. Le Bondy Blog condamne les propos et met fin à la collaboration. De son côté, France Inter suspend puis arrête ses chroniques.

Dans un message d’excuse, Mehdi Meklat reconnaît lui-même la gravité de ses propos :

« J’incarnais un personnage honteux, raciste, antisémite. »


Une affaire devenue symbole

L’affaire Meklat reste aujourd’hui un cas d’école dans les débats sur la responsabilité médiatique et la gestion des propos passés sur internet.

Elle illustre aussi les tensions au sein de la gauche intellectuelle : entre la volonté de défendre des trajectoires sociales issues des quartiers populaires et la nécessité de condamner sans ambiguïté des propos racistes ou antisémites.


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