Une jeune femme est jugée cette semaine à Dijon (Côte-d’Or) pour avoir « fermement emmailloté » et dissimulé dans un sac de courses, juste après l’accouchement, ses jumelles nées prématurées, avec l’aide de sa mère. Une seule survivra, par miracle.
Ce lundi 2 mars s’est ouvert, aux assises de Dijon, le procès pour infanticide et tentative d’infanticide d’une mère et de sa fille, originaires de Longvic (Côte-d’Or). Pendant une semaine, elles vont devoir expliquer à la cour leur geste, cette nuit de mai 2020. Après avoir accouché de jumelles, à six mois de grossesse, Sabrina, 20 ans à l’époque, et sa mère, placent les bébés dans un sac de course. Aux urgences, les deux grandes-prématurées sont découvertes par des médecins sous le choc. Une seule survit, elle pèse à peine 800 grammes. “Jamais je n’ai donné la mort à mes enfants, ni voulu la donner !” s’exclame d’emblée Sabrina en larmes. “J’ai accouché seule, avec une douleur atroce et ma propre mère ne m’a pas aidée”. La coaccusée, assise juste à côté d’elle, hoche la tête de gauche à droite, spasmée par les sanglots.
« Ma mère m’a dit de monter le son de la télévision pour que mon père ne les entendent pas. » Le père n’est au courant de rien, décrit comme très religieux et strict. La religion ? Le directeur d’enquête, le commissaire David Djamshidi écarte totalement ce point. « Il n’y avait rien, à part quelques bondieuseries au mur. Ni Coran, ni tapis de prière… » Qui a emmailloté les nourrissons ? Emmaillotés… y compris le visage. Qui les a placés dans le sac noir, lui-même a déposé dans le sac Action pour le transport ? Les explications restent nébuleuses.
“Peur de quoi ? “, l’interroge la cour. “Peur d’être reniée, peur d’être mise à la porte”, s’effondre le jeune femme de 26 ans aujourd’hui. “Pourquoi tu as fait ça ?” fut la première réaction de sa mère lorsque sa fille lui annonce “avoir perdu ses bébés”. À ce moment, ils sont tous les deux vivants, posés sur le sol de sa chambre. “Ils faisaient des petits bruits, alors ma mère a augmenté le son de la télé pour ne pas que mon père entende”, raconte Sabrina. Après avoir appelé le Samu pour “une fausse couche”, Sabrina demande à sa mère de placer les bébés dans un sac : “Je voulais les emmener avec moi à l’hôpital, mes filles c’était ma priorité”.
Son père n’est pas au courant de la grossesse de sa fille, sa mère ayant justifié la venue des secours par un “kyste ovarien”. Il est attendu à la barre ce mardi pour s’exprimer sur sa version des faits.
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