La présence d’athlètes transgenre, il y en a deux en activité dans le championnat professionnel de basket, n’est pas acceptée partout. Les insultes et questionnements sur l’équité sportive sont courants
[…]Sa domination totale sur le terrain (près de 22 points et 20 rebonds en moyenne par match) est ainsi remise en question par certains acteurs du jeu.
« Nos récriminations ne sont pas de la transphobie », promet Stéphane Serve, le président de Feytiat, près de Limoges et adversaire de Monaco. Il parle ouvertement au nom de plusieurs dirigeants contactés qui préfèrent, eux, rester anonymes.
« Je n’ai aucun problème avec le changement de sexe. Le problème est une question d’équité sportive, poursuit-il. Julie Tetart est plus grande, plus costaude que les autres filles. Face à elle, les risques de blessure sont réels. Régulièrement, elle sort des matchs à 40 points, 20 rebonds avec une évaluation moyenne (un ratio de statistiques sur un match) à 40 de moyenne. C’est un total qu’on atteint une fois quand on fait le match de sa vie. Elle, c’est presque toutes les semaines. Il y a quelque chose qui cloche. »
Julie Tetart peut-elle jouer avec les femmes ? D’un point de vue réglementaire, rien ne peut l’en empêcher, confirme la Fédération française de basket (FFBB), même si elle reçoit régulièrement des plaintes sur sa présence. « À partir du moment où la carte d’identité nationale d’une personne précise officiellement que son sexe est féminin, rien n’y personne ne peut l’empêcher de jouer dans un championnat de filles », précise son président Jean-Pierre Hunckler. C’est aussi ce que dit la loi de la République qui interdit et punit toute forme de discrimination.
La FIBA, la fédération internationale, a en revanche un positionnement opposé sur le sujet. Elle bloque la participation d’athlètes transgenre « pour une question d’équité » dans les compétitions internationales. Elle promet de travailler sur le sujet et d’édicter une règle d’ici deux ans. En attendant, à cette heure, Julie Tetart ne pourrait pas jouer en équipe de France, par exemple, ou en Coupe d’Europe si Monaco venait à se qualifier. Un flou législatif qui dépasse largement le cadre du basket, la question de la présence des athlètes transgenre dans le sport de haut niveau étant régulièrement sujet à débats aussi juridiques que politiques. Après sa deuxième investiture à la Maison-Blanche en janvier dernier, Donald Trump avait ainsi clamé sa volonté « d’empêcher les hommes de pratiquer les sports féminins ».
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