Depuis une semaine, la boucle WhatsApp informelle sur laquelle des enseignants de Sciences Po Paris débattent de l’actualité politique est en ébullition. Plusieurs professeurs y défendent notamment l’idée que le lynchage de Quentin Deranque était mérité.
Des professeurs de Sciences Po, dans une conversation WhatsApp regroupant de nombreux enseignants vacataires de l’IEP parisien, à l’appui de raisonnements qui minimisent la gravité de son meurtre voire insinuent que le jeune garçon et ses amis agressés au même moment avaient eu «ce qu’ils cherchaient».
Ces propos ont été tenus sur une conversation WhatsApp baptisée «Débats Privés Enseignants ScPo», qui regroupe plus de 250 enseignants de Sciences Po Paris et dont Le Figaro a pu consulter l’intégralité des échanges récents. Loin d’être seulement un lieu de «débats privés», ce canal de discussion est en réalité un forum ouvert largement à tous les professeurs de l’IEP.
(…) Finalement, le débat est revenu sur Quentin Deranque et les circonstances de sa mort, et le professeur d’économie a par la suite estimé que «les fachos étaient en nombre important» dans la rue le soir du lynchage, et par conséquent «que l’un d’entre eux soit mort est un accident qui devait bien finir par arriver […] et le mort aurait très bien pu se trouver dans le camp d’en face». Ajoutant pour enfoncer le clou : «Ces nazillons ont récolté ce qu’ils cherchaient, et ce à plus d’un titre», car «Quentin a d’une certaine façon fort bien servi sa cause». De nombreux messages indignés, y compris émanant de collègues restés jusqu’ici silencieux au cours de l’échange, ont été publiés en réaction à ce dernier message – certains demandant à l’auteur de revenir sur ses propos ou de présenter des excuses. Ce que le professeur d’économie a refusé, se murant ensuite dans le silence.








