À seulement 200 mètres de l’Élysée, dans le VIIIe arrondissement de Paris, Firat Cinko, 39 ans, est soupçonné d’avoir dirigé l’un des plus importants trafics de cocaïne jamais démantelés en France. L’homme est renvoyé devant la Cour d’assises spéciale, selon une ordonnance de mise en accusation rendue fin novembre par deux juges d’instruction parisiens.
Les magistrats estiment que le suspect a organisé un trafic international de stupéfiants entre 2020 et 2021, aussi bien depuis les beaux quartiers de la capitale que depuis sa cellule de la prison de Meaux, en Seine-et-Marne. Les importations retenues par la justice auraient transité par voie maritime et aérienne, entre Paris, Le Havre et la Martinique, en lien avec un fournisseur vénézuélien.
L’enquête a notamment mis en évidence l’importation de 600 kilos de cocaïne dissimulés dans un conteneur saisi au Havre à l’été 2020, ainsi qu’un autre chargement de près de 400 kilos, organisé alors que Firat Cinko était déjà incarcéré. Vingt-deux autres personnes, soupçonnées d’avoir participé à différents niveaux à cette organisation, sont également renvoyées devant les assises.
Les juges décrivent un réseau « structuré », doté de moyens logistiques importants et d’une « surface financière considérable ». Bien qu’il conteste en être le dirigeant, Firat Cinko apparaît, selon l’instruction, comme la tête de ce dispositif. Déjà condamné à plusieurs reprises pour trafic de stupéfiants, il est aussi mis en examen dans deux affaires de corruption impliquant une greffière de la prison de Meaux et un policier de l’office antistupéfiants. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
Un procès aux assises a été ordonné contre Firat Cinko, 39 ans, soupçonné d’avoir orchestré un trafic international de cocaïne entre l’Amérique latine, les Antilles et l’Hexagone. Installé dans le 8ᵉ arrondissement de Paris, à proximité immédiate de l’Élysée et du ministère de l’intérieur, il est renvoyé devant la cour aux côtés de 22 autres personnes pour trafic de stupéfiants et blanchiment. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité.
L’enquête débute en 2020 à la suite d’un signalement des autorités américaines. La DEA infiltre un réseau de blanchiment et alerte les services français, qui identifient Firat Cinko comme un acteur central. Malgré un bracelet électronique, l’homme relance ses activités pendant la période des confinements liés au Covid-19. Les enquêteurs découvrent qu’il supervise les opérations depuis une Smart stationnée en bas de son immeuble, véhicule qui sera sonorisé en juin 2020. Les écoutes révèlent des échanges sur les quantités de drogue, les fournisseurs vénézuéliens liés à un cartel colombien, la logistique maritime et la comptabilité du trafic.
Interpellé en janvier 2021 à son retour de Dubaï, Firat Cinko nie toute implication et affirme agir comme informateur de la police. Il revendique son « art de manipuler, de mentir » et prétend avoir contribué à des saisies de stupéfiants. Les enquêteurs estiment cependant qu’il aurait instrumentalisé ses anciens liens avec les services pour éliminer des concurrents et sécuriser ses propres cargaisons. L’enquête évoque également des soupçons de corruption visant un ancien fonctionnaire de l’Ofast et une greffière pénitentiaire, cette dernière mise en examen pour avoir fait tomber temporairement des mandats de dépôt.
Malgré son incarcération, les investigations montrent que le trafic s’est poursuivi. En octobre 2021, 866 pains de cocaïne sont saisis au port du Havre. Un mois plus tard, 50 kilos sont découverts à l’aéroport d’Orly dans des valises en provenance de Martinique, faits pour lesquels Firat Cinko a été condamné à huit ans de prison en juin 2025. Les enquêteurs estiment que son chiffre d’affaires sur six mois en 2020 pourrait atteindre 97 millions d’euros et que 3,6 tonnes de cocaïne auraient été importées. Le dossier a également mis en lumière une « nébuleuse antillaise » structurée autour de routes maritimes et de sociétés écrans.








