Pour la troisième année consécutive, le PIB par habitant français est inférieur à la moyenne de l’Union européenne, selon les données de l’Insee pour l’année 2024. Dit autrement, le niveau de vie moyen d’un Français est désormais inférieur à celui d’un Européen moyen, plaçant la France dans la seconde moitié du classement européen.
L’analyse des séries longues, corrigées de l’inflation et exprimées en parité de pouvoir d’achat, met en évidence une double dynamique. D’un côté, plusieurs pays auparavant comparables à la France l’ont nettement dépassée. L’Allemagne, au même niveau de vie en 1975, affiche un écart défavorable à la France de 11 % en 2024. Le Danemark, déjà en avance dans les années 1970, a encore creusé l’écart. De l’autre, des pays historiquement moins riches ont rattrapé puis rejoint la France, comme le Royaume-Uni, ou réduit fortement l’écart, à l’image de l’Espagne.
La progression est encore plus marquée pour certains pays d’Europe centrale. La Pologne, dont le niveau de vie était inférieur de 60 % à celui de la France en 2000, n’accuse plus qu’un retard de 20 % en 2024. À ce rythme, un Français et un Polonais pourraient atteindre un niveau de vie comparable à la fin du prochain quinquennat, souligne Antoine Foucher.
Selon l’auteur, ce déclassement s’explique par plusieurs facteurs structurels : un recul relatif du niveau de formation, une durée de travail sur l’ensemble de la vie plus faible que dans le reste de l’Europe, et une productivité qui ne compense plus ce moindre volume de travail. Il estime enfin que les budgets 2026, marqués par des réductions d’investissement dans l’éducation, la formation et les industries d’avenir, risquent d’accentuer encore cette tendance.





