Un homme de 58 ans, prénommé Khereddine, est soupçonné d’avoir violemment agressé à plusieurs reprises son logeur de 74 ans, à Paris (XXe), au point que ce dernier aurait perdu l’usage de la vue. Mis en examen en juin pour violences sur personne vulnérable ayant entraîné une infirmité permanente et abus de faiblesse, le suspect a été placé en détention, confirmée mardi 20 janvier par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris.
Selon l’enquête, les faits se seraient déroulés au cours de l’année 2025. Un médecin de la fondation Rothschild, spécialisée en ophtalmologie, a alerté le parquet après l’admission de la victime, frappée au visage, les yeux « fortement abîmés ». C’était la troisième venue aux urgences « dans des circonstances similaires », les soignants relevant aussi « de nombreuses ecchymoses » sur le corps. Interrogé, l’homme de 74 ans affirme subir la violence de celui qui partage son appartement.
Le 17 juin, les forces de l’ordre investissent le logement et interpellent le suspect, décrit comme ne payant plus le loyer, devenu agressif, et s’étant installé dans la chambre en obligeant le propriétaire à dormir sur le canapé. Les premières recherches indiquent qu’il serait « entièrement à la charge » du septuagénaire, qui aurait notamment réglé sa facture de téléphone, tandis que le mis en cause, se disant entrepreneur dans le bâtiment, « émarge au RSA ». À l’audience, le magistrat dénonce « une relation violente et une véritable emprise », en soulignant que des voisins évoquent « des injures, des insultes et des bruits de bagarre » provenant du logement.
En garde à vue puis à l’audience, Khereddine nie : « Je n’accepte pas les choses qui me sont reprochées, (…) je ne suis ni un criminel, ni un voyou, ni un trafiquant. Toutes les choses qui sont dites dans cette affaire sont des mensonges et c’est un coup monté. » Son avocate, Me Delphine Malapert, affirme que « le dossier ne fait pas la preuve de la culpabilité », avançant l’hypothèse de chutes liées à l’alcoolisme de la victime et évoquant une possible instrumentalisation par « une certaine Claudine » qui aurait voulu récupérer l’appartement. Elle indique aussi que son client aurait de graves problèmes de santé et annonce une demande d’expertise sur la compatibilité de son état avec la détention.








