Les préfectures du Nord et du Pas-de-Calais ont pris un arrêté interdépartemental interdisant un rassemblement intitulé « Overlord », annoncé pour samedi 24 janvier 2026 sur le littoral du nord de la France. L’initiative est attribuée à des militants issus de l’ultra-droite britannique opposés à l’immigration.
Dans un communiqué conjoint, le préfet du Nord Bertrand Gaume et le préfet du Pas-de-Calais François-Xavier Lauch évoquent une présence « récurrente » de militants de la mouvance d’ultra-droite britannique, « notamment du mouvement Raise The Colours », décrits comme impliqués dans des « actions d’intimidation » visant des personnes migrantes et des associations humanitaires. Les autorités estiment que ces agissements, « largement diffusés sur les réseaux sociaux », s’inscrivent « dans une idéologie xénophobe et anti-immigration » et « créent un risque manifeste de troubles à l’ordre public ».
Pour « prévenir toute confrontation ou atteinte à la sécurité des personnes », l’arrêté interdit tout rassemblement « de membres revendiqués du mouvement Raise The Colours » dans les arrondissements de Dunkerque, Calais, Boulogne-sur-Mer, Montreuil-sur-Mer et Lille, de vendredi soir à lundi matin. Les forces de l’ordre seront, selon les préfectures, « pleinement mobilisées » pour faire appliquer la mesure ; elles ajoutent que les « membres de ces mouvements contrôlés par les forces de l’ordre seront reconduits à la frontière ».
Selon l’arrêté consulté par l’AFP, l’opération visait « à se substituer aux autorités de polices françaises afin d’empêcher » des départs de migrants vers le Royaume-Uni. Un activiste lié à « Raise The Colours » a appelé à la mobilisation du 24 janvier, baptisée « Overlord », en référence notamment à la bataille de Normandie. Le texte mentionne qu’une interdiction de territoire français visant dix militants britanniques d’extrême droite, accusés d’« actions à caractère violent » sur le littoral, a déjà été prise le 13 janvier, et qu’une scission est apparue au sein de « Raise The Colours », dont une branche « très radicale » serait menée par Daniel Thomas, présenté comme à l’initiative du rassemblement interdit. Sur Instagram, ce militant a déclaré : « Le 24 janvier marque un tournant. C’est à ce moment-là que les décisions ne sont plus prises par les politiciens ni par les institutions mais par des citoyens anglais et britanniques ordinaires qui refusent de rester les bras croisés ».








