INFO LE FIGARO – Un accusé de confession musulmane peut-il comparaître devant une cour criminelle tout en observant le jeûne du ramadan ? La question est posée par la défense du prédicateur Tariq Ramadan. Déjà condamné en Suisse pour viol, l’islamologue doit comparaître du 2 au 20 mars devant la cour criminelle départementale de Paris pour viols aggravés sur trois plaignantes. Or, ces dates coïncident avec celles du ramadan, du 17 février au 19 mars. Après plusieurs demandes de report, sans réponse, ses avocates ont déposé ce lundi une requête en récusation à l’encontre de la juge qui doit présider les débats, révèle Le Figaro. (…)
En parallèle, la défense de Tariq Ramadan, âgé de 63 ans et souffrant de la sclérose en plaques, a fait savoir à la présidente de la cour criminelle de Paris, Corinne Goetzmann, que les dates du procès la mettait en difficulté. D’une part l’une des avocates doit déjà plaider devant la cour d’assises du Val-d’Oise aux mêmes dates. D’autre part, ces dates sont «radicalement incompatibles avec un exercice serein et effectif des droits de la défense, dès lors qu’elles coïncident avec le mois du ramadan», écrivent ses avocates, Mes Nabila Asmane, Ouadie Elhamamouchi, May-Sarah Voguelhut et Marie Burguburu, dans leur requête consultée par Le Figaro. Selon les pénalistes, ce choix aurait «pour conséquence que Tariq Ramadan se trouvera nécessairement affaibli par le jeûne qu’il observera en vertu de ses convictions religieuses». Ces demandes de report sont également restées sans réponse de la part de la présidente.





