Menaces, insultes à l’égard des profs, bagarres entre élèves en classe : c’est le quotidien du lycée et ces enseignants n’en peuvent plus. Ils exercent leur droit de retrait depuis le vendredi 6 décembre.
Une prof de langue vivante, qui enseigne depuis neuf ans au lycée Pablo Neruda, assure que la situation empire d’année en année : “Beaucoup viennent sans leurs affaires. Ils ont un sac vide, n’ont pas de cahiers, pas de trousse. Nos dix premières minutes de cours, on ne fait pas cours. Je suis gendarme. Ils ont du mal à enlever leur bonnet, leur écharpe. Ils ne veulent pas se séparer de leur téléphone et sortir leurs affaires. Certains veulent dormir ou aller voir l’infirmière. Et pendant ce temps-là, je n’ai toujours pas commencé à enseigner ma discipline.”
Les enseignants du lycée Pablo Neruda sont épuisés d’avoir à gérer, en permanence, de telles tensions. Et la situation peut à chaque instant dégénérer : “À partir du moment où faire enlever la capuche à un élève, lui demander d’être un peu plus respectueux, rentrer en classe, etc, dès lors que ces situations doivent devenir une négociation sévère, voire un sujet de conflit, il y a deux cas de figure : soit ça dérape en conflit, soit on s’auto-censure”, comme l’explique cet autre professeur.
Il y a aussi des bagarres entre élèves en classe, des profs bousculés violemment comme ce collègue, vendredi dernier. Cette fois, le corps enseignant a dit stop et fait jouer son droit de retrait, pour préserver sa sécurité. Chacun, dans sa tête, pense au pire : “On a peur d’être le témoin ou d’être le collègue passif qui n’aura pas su empêcher un drame d’arriver”, avoue ce même enseignant.





