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En quelques années, les théories intersectionnelles se sont imposées dans les amphis des sciences sociales, sur les bancs comme sur l’estrade. A tel point qu’il devient dangereux de remettre ces thèses en question.
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L’enseignant [Eric Fassin], grand invité des médias et notamment de France Culture, considère en revanche que « le racisme anti-Blancs n’existe pas pour les sciences sociales ». Son raisonnement ? Même si le caractère raciste de quelques agressions a pu être reconnu par la justice, on ne peut pas « faire comme si, quand on dit “sale Blanc”, ça résonnait avec toute une histoire ».. A la différence supposée, par exemple, de l’esclavage ou de l’apartheid pour les Noirs…

Eric Fassin, qui n’a pas répondu à la sollicitation de Marianne, fait partie des universitaires les plus investis sur les questions intersectionnelles. Comme pour assurer une descendance à ses idées, il prend en charge un nombre impressionnant de doctorants : 10 début 2019. A l’inverse, les enseignants qui s’opposent au « décolonialisme » peuvent rapidement se retrouver persona non grata. Stéphane Dorin, qui s’était opposé à la venue de Houria Bouteldja à l’université de Limoges, en novembre 2017, affirme être depuis l’objet d’une cabale : « Le directeur de l’école doctorale m’a fait comprendre que je n’aurais plus aucun doctorant sous contrat tant qu’il sera là », ce que la direction nie vigoureusement. En décembre 2018, Stéphane Dorin a néanmoins été exclu de son laboratoire, le bourdieusien Groupe de recherches sociologiques sur les sociétés contemporaines, avant que le tribunal administratif de Limoges ne suspende la décision, en février dernier. Pour les étudiants intéressés par une carrière universitaire en sciences sociales, l’adhésion au prisme intersectionnel, voire décolonial, est désormais un préalable, à en croire un jeune docteur en science politique : « Si tu n’es pas bourdieusien, et que tu n’as pas d’appétence pour les thèmes du genre et de la race, tu n’as vraiment pas beaucoup de chances d’obtenir un poste. »
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Marianne

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