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Richard Millet : « Quelqu’un qui au bout de la 3e génération continue à s’appeler Mohamed ne peut être français » (MàJ)

Juil
2011

Addendum du 05/08/11

Qui a tenu ses propos ? Marine Le Pen, actuellement en croisade pour des prénoms issus du calendrier de La Poste, aurait pu les tenir. Mais il faut rendre à Richard ce qui est à Millet, auteur et éditeur Gallimard, qui s’est lâché sur France Culture.

Etrange tout de même cette correspondance d’esprit de l’éditeur entre autre de « Les Bienveillantes » et de Marine Le Pen. Qui influence l’autre ?

Richard Millet, un intellectuel dans la boue xénophobe ?

Chez la patronne du Front national (FN), ce genre de phraséologie électoraliste ne me choque pas ; elle est dans son rôle. Un rôle qu’elle tient avec beaucoup de rouerie politique. Mais pourquoi cet intellectuel se sent-il obligé d’apporter son verbe à la boue xénophobe ? (…)

Ce billet écrit à chaud n’aura sûrement aucun effet sur ce “brunissement” de l’intérieur des têtes biens pleines. N’en déplaise à l’auteur du très bon “Le Renard dans le nom” et à Marine Le Pen, chacun prénomme ses gosses comme bon lui semble. Pas des ayatollahs des bons prénoms qui feront les flic au service des états civils. Quand viendront-ils inspecter nos lits pour savoir si on baise “ françois ” ?

Rue89

Addendum du 29/06/11: L’écrivain Nicole Caligaris s’indigne dans Le Monde contre les propos de Richard Millet

Le médiateur de Radio France nous apprend, jeudi 23 juin, sur France Culture, qu’un grand nombre d’auditeurs s’est montré choqué par les propos qu’a tenus Richard Millet, écrivain français et éditeur de littérature française pour les éditions Gallimard, au micro d’Alain Finkielkraut. Faut-il prendre au sérieux ce monsieur ?

(…) Peut-on prendre au sérieux un homme qui, dans un train, regarde la teinte de la peau des passagers comme un élément significatif, un élément qui le concerne, qui provoque en lui un trouble qui « fait sens », dit-il ? Un homme qui ne se pose pas de question sur ce qui construit son regard, ce qui en aiguille la lecture, la cristallise sur une appartenance ethnique, lui fait percevoir un groupe là où se tiennent des passagers de train ? Comment cet homme, écrivain, à qui l’on permet une parole publique et qui exprime une vision si faible pourrait-il être pris au sérieux ?

(…) Premièrement, le mouvement est irréversible : il se trouve que nous ne pouvons pas choisir de croupir, comme les ânes l’appellent de leurs effrois, entre les bornes des clochers mentaux de l’enfance de ceux qui ont passé la cinquantaine. Il se trouve que nous ne pouvons pas, raisonnablement, prétendre nous renfermer. L’idée de protéger la culture française d’une éventuelle invasion, non seulement est stupidement xénophobe mais elle est stupide tout court car impossible. La naïveté est dans cette illusion protectionniste, non pas dans la pensée de l’ouverture, plus réaliste, mais escamotée sous le nom si parfaitement français d’ »angélisme ». Ce qui doit nous préoccuper, ce n’est pas la protection, c’est la transmission, relation complexe qui ne se conçoit pas sans l’attention, la curiosité et l’adoption mutuelles.

Le Monde

Addendum du 11/06/11:

Chez Alain Finkielkraut, une certaine idée du rance

Jean-Christophe Bailly et, surtout, Richard Millet dont l’avant-dernier dernier « livre », L’Opprobre est une suite de phrases sans âge et haineuses contre la France réelle, c’est à dire mondialisée et faite des gens de partout (pour avoir cependant une idée plus précise de la prose digne de Je suis partout de M. Millet, je renvoie à un billet de Sylvain Bourmeau – c’est ici).

(…) Pour M. Millet, qu’après plusieurs générations, une famille arabe persiste à appeler ses enfants Mohamed ou Djamila est un acte de barbarie et/ou de guerre civile, pas moins ! Pis, notre écrivain, qui cite Joseph de Maistre pour valider ses thèses, explique, sous la bienveillance d’Alain Finkielkraut, que dans le RER, avec tous ces étrangers subsahariens et/ou musulmans, il se sent victime d’un nouvel apartheid…

Qu’on le vire, vite ! Je ne comprends même pas qu’après une telle émission, nul ne songe à porter plainte

(…) A la suite de toutes ces horreurs proférées sur un ton badin, l’inamovible Finkielkraut (qu’on le vire, vite ! Je ne comprends même pas qu’après une telle émission, nul ne songe à porter plainte) a moqué l’accent des jeunes de banlieue (il a répété plusieurs fois le mot accent avec un dégoût marqué), a raillé l’équipe de France de football dont, pense-t-il, on peut douter du caractère français et/ou européen, a fait un sort au rap en deux phrases et a précisé que les gens des banlieues n’étaient pas l’équivalent du peuple aimé par Victor Hugo. Non, forcément… Pourtant, l’équivalent d’antan des Finkielkraut et Millet, à coup sûr, détestaient l’argot puis la Tour Eiffel. Le peuple, voilà l’ennemi !

Médiapart

 

Répliques – France Culture – 11/06/2011

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En ville, notamment dans un espace comme le RER, je suis dans une situation d’apartheid volontaire.

L’achat s’effectue auprès de la Librairie Facta.

(Merci à Pictosonic et toto)

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