À Rennes, dix-sept procédures d’expulsions locatives ont été engagées par la préfecture d’Ille-et-Vilaine dans le cadre de la lutte contre le narcotrafic. Une mesure rendue possible par la loi visant à « sortir la France du piège du narcotrafic », qui permet au préfet de se substituer au bailleur social en cas de trouble grave ou répété à l’ordre public.
Dans le quartier du Blosne, plusieurs habitants dénoncent les conséquences de ces procédures. Mérième et Yannick, membres du collectif Rennes Sud Mobilisée, appellent à un rassemblement jeudi 9 avril 2026 devant le tribunal judiciaire de Rennes, date à laquelle les premiers dossiers doivent être examinés par le juge des contentieux de la protection.
« Ce n’est pas seulement le dealer qui sera expulsé. C’est toute sa famille », souligne Mérième, évoquant des situations impliquant « des frères et sœurs, avec parfois des enfants en bas âge ». Le collectif accompagne notamment deux familles concernées, dont l’une a un fils majeur déjà condamné pour trafic de stupéfiants et actuellement en détention provisoire.
La préfecture affirme que ces mesures ne visent pas les familles, tout en estimant que les parents ne peuvent ignorer les agissements de leurs enfants. Une analyse contestée par les habitants mobilisés, qui dénoncent une mesure « discriminante » et plaident pour davantage de prévention, de médiation et de moyens éducatifs.




