INFO LE PARISIEN. Le 5 avril, vers 17h40, le pilote d’un avion EasyJet qui venait de Venise (Italie) était en train de s’approcher du tarmac pour atterrir quand il a soudain aperçu de mini-explosions et de la fumée au niveau du sol, quasiment au seuil de la piste 3, dite 25.
En effet, plusieurs personnes sont en train de tirer une dizaine de mortiers depuis cet endroit, à l’angle de la rue Lamartine et de la rue du 8-Mai-1945 à Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne), tout près des entrepôts du transporteur Staf. Selon nos informations, l’un des mortiers aurait atteint l’appareil, ce que ne confirme pas le parquet de Créteil ce lundi matin.

Immédiatement, le commandant de bord a interrompu sa manœuvre d’atterrissage afin de ne pas mettre en péril la sécurité des passagers et de l’appareil. Il a remis les gaz, repris de la vitesse et tout de suite regagné de l’altitude pour s’éloigner le plus vite possible de l’origine des tirs. Il a effectué un large tour, survolant l’Essonne, Sénart, une partie de la Seine-et-Marne puis l’Est du Val-de-Marne, avant de tenter un nouvel atterrissage.
Pendant ce temps, côté tour de contrôle, c’est le branle-bas de combat. Au vu de l’incident, les contrôleurs aériens ferment la piste 3. Il leur reste la 4, normalement utilisée pour les décollages à ce moment-là, où la 2 réservée aux urgences et cas exceptionnels. Décision est prise de diriger le vol EasyJet vers la piste 4, où il se posera « sans encombre », indique le parquet.
En revanche, la piste 3 est restée fermée « jusqu’à 19 heures », précise une source. Pendant ce temps, la gendarmerie des transports aériens (GTA) a été avisée et a envoyé une patrouille sur les lieux d’où seraient partis les tirs de mortiers. Ils réussissent à obtenir la vidéo d’un témoin qui a filmé la scène.
Ils y découvrent que les fameux tirs de mortiers émanaient en réalité d’un cortège de mariage constitué d’une quinzaine de véhicules, dont plusieurs voitures et des quads. Le parquet évoque seulement la présence d’ « une berline et plusieurs individus tirant des mortiers en l’air ».
Les participants au cortège avaient-ils conscience que leurs engins pyrotechniques risquaient d’atteindre un avion, dont l’altitude est particulièrement basse à cet endroit lorsqu’ils atterrissent sur la piste 25 ? Ou s’étaient-ils positionnés là sciemment, dans l’attente du passage d’un avion à arroser de leurs explosifs ? L’enquête doit le déterminer. Les recherches des auteurs sont restées vaines à ce stade.




