EXCLUSIF – Algérie, regroupement familial… Le maire réélu du Havre, qui mûrit son projet dans l’espoir de s’imposer comme le candidat de la droite et du centre, se dit prêt au « rapport de force » mais soutient l’immigration de travail.
(…) Aucune révolution n’est à attendre en matière d’immigration de travail. Soucieux du maintien du « modèle économique et social » du pays, Édouard Philippe souhaite toujours accueillir une immigration de travail, « choisie et contrôlée », selon ses mots. Il ne fait pas sienne la formule de Bruno Retailleau, pour qui « l’immigration n’est pas une chance pour la France ». Il n’appelle pas non plus à suspendre les entrées régulières pendant « deux ou trois ans », comme le suggère le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. « Il faut assumer qu’on a besoin d’une immigration, parce qu’on a une population active qui se contracte, affirme-t-il au Figaro. Meloni a délivré 500.000 nouveaux visas ! » (…)
Dans son dernier livre, Le Prix de nos mensonges (JC Lattès), il pointe à la fois « les démagogues obsessionnels et angoissés du grand remplacement », et « les démagogues clientélistes qui font mine de penser que toute immigration est bonne à prendre ».
En matière d’immigration légale, ce sont les largesses du regroupement familial auxquelles Édouard Philippe veut s’attaquer. Quitte à remettre en cause le passage de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH), qui consacre le droit au respect de la vie privée et familiale, comme Nicolas Sarkozy et François Fillon l’ont proposé avant lui. (…)
Le conseiller d’État, formé en droit, ne veut toutefois pas apparaître comme un opposant au droit européen et international. « Par son parcours, il ne peut pas être celui qui remet en cause l’État de droit, mais il peut pousser certains curseurs et mener quelques combats », avance l’un de ses proches. (…)
Face aux difficultés à expulser les étrangers sous obligation de quitter le territoire (OQTF), « on a un problème de puissance, juge-t-il. Si on veut faire fonctionner ces instruments, il faut qu’on soit plus puissant et qu’on fasse marcher le rapport de force. » L’accord franco-algérien de 1968 reste dans son viseur. (…)
Avec ces propositions, Édouard Philippe espère mettre sous l’éteignoir les accusations de tempérance agitées sur sa droite. Notamment cette phrase récurrente au siège des Républicains : « Philippe, c’est Juppé ! » Sa prudence, affichée mardi soir, lors du « 20 Heures » de France 2, a troublé chez Renaissance et LR. (…)




