Les agressions physiques, parfois graves, se multiplient contre les enseignants. Dans l’ombre, la judiciarisation des conflits avec les familles, sur fond de dénonciations souvent calomnieuses, représente pourtant la première cause de souffrance des personnels.
“On ne peut pas mourir d’enseigner” : un mois après la terrible agression au couteau d’une professeure d’arts plastiques par un élève dans un collège de Sanary, Maxime Reppert n’a pas eu de mal à capter son auditoire. Le vice-président du Snalc (Syndicat national des lycées, collèges et écoles) était à Montpellier pour animer un colloque organisé par la section académique pour épauler les professeurs dans la gestion de la violence.
Professeur de langue étrangère depuis 35 ans en lycée pro dans un secteur sensible du bassin de Thau, Julie (*) confirme une multiplication des violences verbales et physiques : “ça devient invivable. On ne peut plus rien faire ni dire sans être mis en cause. Depuis la rentrée, j’ai vu un jeune contractuel mis à terre et frappé par des élèves. On assiste à une explosion des conseils de discipline, dont un pour couteau sorti dans l’établissement. Mais on a trop souvent le sentiment que les élèves et leurs familles sont plus soutenus par la hiérarchie que nous“.
Vice-présidente académique du Snalc et enseignante à Béziers, Jessica Boyer ne compte plus les cas qui remontent de semaine en semaine : “Celui d’un prof qui se défend avec une chaise, un autre obligé de s’enfermer dans sa classe pour ne pas être agressé par des parents, une autre menacée devant ses enfants… En cas de menaces ou de violences, la protection fonctionnelle accordée devrait être automatique car l’école a un devoir de protection de ses agents.” Or, selon les chiffres de l’Autonome de solidarité laïque, seule une demande sur quatre est accordée. […]




