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Les investigations des juges d’instruction antiterroriste se sont achevées mercredi 25 mars, éliminant le moindre doute : le meurtre du professeur de lettres, Dominique Bernard, le 13 octobre 2023, a été minutieusement préparé et scénarisé par son ancien élève en 4e, Mohammed Mogouchkov. «Je n’ai pas eu de problèmes avec lui. Il aimait sa matière, il voulait nous transmettre. A l’époque, ça ne me gênait pas, a déclaré le principal accusé, russe, originaire d’Ingouchie, aujourd’hui âgé de 23 ans. Alors pourquoi lui ? Au-delà de son statut de mécréant, en raison de son statut de professeur, il nous transmettait les ténèbres que l’on appelle ici les lumières. Il reproduit ces idées de mécréances dans les esprits des élèves : la laïcité, se détourner de son seigneur…» Deux ans et demi d’enquête, plus de 180 personnes interrogées, retracent une dérive vertigineuse. Son avocat, Me Verlaine Etame Sone, contacté par Libération, s’est refusé à tout commentaire.

Mogouchkov a reconnu avoir poignardé l’enseignant à la sortie de la cité scolaire Gambetta-Carnot, où il a suivi ses études avant d’être orienté en lycée technologique, et de se radicaliser. Il avait repéré les lieux, les horaires, choisi, la date, un vendredi de prière, 13, en «hommage» aux terroristes du Bataclan du 13 novembre 2015. Il avait acheté des couteaux, retrouvés par les policiers, avec des livres religieux, des vidéos d’allégeance à l’Etat islamique. Après les premiers coups mortels, froidement assénés, le jeune Ingouche a tenté d’éliminer tous ceux qui eurent le courage de s’interposer: son ancien professeur d’EPS, touché au visage, au bras, miraculeusement vivant grâce à l’intervention d’un surveillant et de deux agents techniques du lycée, également touchés. Il a aussi grimpé les étages pour trouver le bureau du proviseur, absent, épargnant son assistante, comme les autres femmes croisées.

Les Mogouchkov ont été logés dans des hébergements d’urgence, une petite dernière est née, leur expulsion a été bloquée in extremis par la mobilisation locale, Réseau éducation sans frontières, Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, Cimade, Parti communiste. Ils ont alors gagné Arras, où habitait une parente. Ainsi s’est déroulée la vie de famille, sous OQTF, dans un appartement prêté par une association, avec l’aide des Restos du cœur, parents sans travail, enfants scolarisés, avec de bons résultats. Les petits Mogouchkov étaient bien connus au lycée Gambetta, l’aîné, Movsar encore plus brillant que Mohamed, qualifié sur un bulletin «d’élève exemplaire, très sérieux et motivé».

Les enseignants voyaient le père exigeant avec ses petits mais enkysté dans l’islam radical, refusant de saluer les profs femme, d’envoyer sa fille à la piscine. Il avait fini par la retirer du collège pour qu’elle puisse étudier voilée dans un établissement musulman, Alpharabius. A l’époque, des signalements avaient été faits, Movsar ayant, à 15 ans, justifié le massacre de Charlie Hebdo, osant dire en classe : « L’attentat a eu lieu parce qu’ils ont insulté les musulmans. Ils ont insulté l’islam en représentant le prophète. »

Le père Mogouchkov, fiché S, auteur de violence sur sa femme, a été expulsé en 2018. «J’étais vraiment, selon votre langage, radicalisé». C’est là que tout a basculé. Le père exilé continuait à prêcher par WhatsApp, pilonnant la France, intimant ses garçons de respecter son islam salafiste, de surveiller leurs sœurs et leur mère, décidée à divorcer. Pas de sorties sans voile, surtout pas chez les «Français» non musulmans. L’aîné, Movsar, a repris le rôle de chef de clan, de plus en plus radicalisé.

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Liberation

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