21/03/2026
C’est dans la cour de l’école Joséphine Baker, rue Turgot à Dijon, que l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) a mis au jour 5 nouvelles sépultures gauloises en 2026. Ces découvertes s’ajoutent aux 13 individus déjà exhumés sur ce même site lors d’une première phase de fouilles en 2025, comme le rapporte Le Figaro.
Chaque défunt repose au fond d’une fosse circulaire d’environ 1 mètre de diamètre. Le dos calé contre la paroi orientale, les bras le long du corps et les mains posées près du bassin, tous font face à l’ouest. Leurs jambes sont fléchies de manière asymétrique. Les fosses, régulièrement espacées, forment un alignement linéaire de 25 mètres orienté du sud au nord.
Au total, ce secteur du centre-ville concentre désormais près d’une vingtaine de ces sépultures atypiques. Or, on ne recense actuellement que 75 tombes de ce type dans le monde entier, réparties entre la France, la Suisse et la Grande-Bretagne. Dijon abrite donc à elle seule plus d’un quart du corpus mondial, selon les données de l’Inrap. (…)
L’analyse anthropologique des 13 individus de la première campagne, réalisée par Annamaria Latron, a révélé un profil homogène. Il s’agit exclusivement d’hommes, âgés de 40 à 60 ans, mesurant entre 1,62 et 1,82 mètre. Tous présentent un développement musculaire important, une bonne santé générale et une dentition solide.
Toutefois, 5 à 6 d’entre eux portent des marques de violences. Les chercheurs ont identifié des coupures non cicatrisées aux bras ainsi que des traumatismes crâniens. L’un des individus présente une blessure mortelle à la tête. Ces traces suggèrent que certains de ces hommes ont participé à des combats peu avant leur mort, ou qu’ils en ont été victimes.
Fait notable, les archéologues n’ont presque trouvé aucun objet dans les tombes. Ils n’y ont retrouvé qu’un seul bracelet en pierre noire, daté de la période comprise entre 300 et 200 avant notre ère. Cette absence de mobilier funéraire contraste alors avec les usages habituels de l’âge du fer, durant lequel les communautés accompagnaient généralement les défunts d’armes, de bijoux ou de céramiques.
Dans les années 90, des travaux dans le quartier proche de Sainte-Anne avaient également révélé des sépultures similaires à celles trouvées (…)
28/01/2025
En explorant le sous-sol aux abords de l’école Joséphine Baker, située rue Turgot, non loin du centre-ville de Dijon, les archéologues de l’Inrap ne s’attendaient pas à une telle surprise. Si une tombe de l’époque gallo-romaine avait bien été identifiée lors du diagnostic préalable au chantier, ce n’était pas le cas des 13 sépultures de la fin de l’âge du Fer (300-200 avant J.-C.), découvertes pendant la fouille.
Particulièrement bien conservées, elles renferment des défunts adultes inhumés en position assise dans des fosses circulaires d’environ 1 mètre de diamètre. « Chaque individu est adossé à la paroi orientale de la fosse, le regard vers l’ouest. Les membres supérieurs sont de part et d’autre du buste, légèrement fléchis ou en extension. Quant aux membres inférieurs, ils sont repliés vers le thorax », détaille l’archéo-anthropologue Annamaria Latron. Les fosses, séparées les unes des autres de quelques dizaines de centimètres, se déploient sur 25 mètres de long. Aucun objet n’a été retrouvé à l’intérieur, excepté un brassard en roche noire. « C’est grâce à cet élément de parure masculine, qui se portait au bras gauche, que nous pouvons dater ces sépultures de la période gauloise », complète la chercheuse.
Ce traitement funéraire « assis » est très rare. Il n’a été repéré que sur douze sites, qui remontent tous au second âge du Fer (450-25 avant J.-C.) : neuf d’entre eux se trouvent dans la moitié nord de la France et trois sont en Suisse. (…)
Les caractéristiques des treize tombes, comme leur environnement, soulèvent de nombreuses questions sur le statut des défunts. S’agissait-il de membres de l’élite, de guerriers, d’ancêtres ou de personnages liés à la sphère politique ou religieuse ?
Dans une étude publiée en 2017 dans la revue Gallia, les archéologues Valérie Delattre et Laure Pecqueur émettaient une hypothèse concernant d’autres sépultures du même type : ces hommes inhumés assis pourraient avoir dédié tout ou partie de leur vie au divin.
« S’il est prématuré d’y voir les représentants du sacerdoce celtique – le terme “druide” est d’usage délicat –, l’histoire de cette position, la codification précise qu’elle exprime, isole sans aucun doute ces hommes du commun des mortels, dont ils sont éloignés tant géographiquement que symboliquement et qui doivent le demeurer dans la mort, immobiles et assis à jamais », y lit-on. (…)
Interrogée sur ce qu’elle pense de cette hypothèse, Annnamaria Latron joue la carte de la prudence. « Nous verrons ce que nous réservera le travail en laboratoire que nous allons réaliser dans les mois qui viennent », se contente-t-elle de répondre. « Cependant, il est indéniable que nous sommes là face à des individus au rang social particulier », confie Hervé Laganier. (…)
(Merci à Taxi Girl.)




