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A Paris, l’union des droites pourrait faire basculer la capitale

Le socialiste Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie à l’exception de La France insoumise, est arrivé largement en tête dans la capitale avec 37,98% des voix. Loin derrière lui, Rachida Dati (Les Républicains) se classe deuxième avec 25,46% des voix et Sophia Chikirou (LFI) prend la troisième place avec 11,72%. Mais la candidate de la droite dispose de potentielles réserves de voix du côté de Pierre-Yves Bournazel (Horizons), fort de ses 11,34%, et de Sarah Knafo (Reconquête), qualifiée de justesse avec 10,40%. En cas d’union avec la liste du candidat centriste et de retrait de la candidate d’extrême droite, l’ancienne ministre de la Culture pourrait donc disputer le match du second tour face à la gauche parisienne.

Dans ce cas, la gauche prendrait un vrai risque en cas de division. Sophia Chikirou le sait et a déclaré attendre l’appel d’Emmanuel Grégoire pour savoir si elle dépose ou non une liste en vue du second tour. “La responsabilité, c’est d’empêcher la droite de gagner Paris, car son agenda épouse celui de l’extrême droite”, a-t-elle estimé après l’annonce des résultats du premier tour. “Emmanuel Grégoire ne peut pas jouer avec l’avenir de Paris.”

“Je vais attendre son appel. Et s’il ne veut pas d’une convergence pour faire un front antifasciste, je déposerai ma liste.”

A Marseille, Benoît Payan refuse de fusionner sa liste

Le Rassemblement national n’a jamais été en aussi bonne position à Marseille. Selon les résultats définitifs, le candidat RN Franck Allisio termine avec 35,02% des voix, juste derrière le maire sortant divers gauche Benoît Payan (36,70%). En troisième position, Martine Vassal est arrivée en troisième position avec 12,41% des voix. Le maire sortant pourrait être en difficulté au second tour en cas de maintien de la liste insoumise menée par le député Sébastien Delogu (11,94%).

Le candidat de La France insoumise a appelé très vite Benoît Payan à “la constitution d’un front antifasciste” avec une fusion de liste. Mais le maire sortant a sèchement rejeté cette offre, qu’il a qualifiée de “tambouille politique”, appelant Sébastien Delogu à se retirer pour faire barrage au RN. “Quand on est antiraciste, on prend ses responsabilités et on ne joue pas à la roulette russe avec l’avenir des Marseillais”, confiait le candidat de gauche à quelques jours du premier tour à franceinfo. Constant, Benoît Payan a donc déposé sa liste dès lundi matin en préfecture à Marseille, coupant ainsi toute possibilité de négociation.

A Lyon, Grégory Doucet a besoin des insoumis pour sa remontada

Le maire écologiste Grégory Doucet, longtemps distancé dans les sondages, est finalement arrivé légèrement en tête avec 37,36% des voix, devant le candidat de la droite, l’ancien président de l’OL Jean-Michel Aulas (36,78%). Malgré cette “remontada” saluée par Marine Tondelier, le “match retour” s’annoncé serré. L’insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi a passé la barre des 10% (10,41%), ce qui lui donne la possibilité de se maintenir au second tour, contrairement au candidat UDR-RN Alexandre Dupalais (7,07%) et aux autres petits candidats.

La députée de La France insoumise a immédiatement fait savoir qu’elle était prête à discuter d’une “fusion technique” de sa liste avec celle de Grégory Doucet “pour garder [la] ville à gauche”. Le maire sortant a pour l’instant botté en touche : “On va regarder les derniers résultats qui tombent et puis après on verra”, a déclaré l’ancien humanitaire de 52 ans qui, pendant la campagne, avait laissé la porte ouverte à une alliance.

A Toulouse, la gauche s’accorde avec l’insoumis François Piquemal

La gauche veut reprendre la ville rose au maire sortant Jean-Luc Moudenc. Les candidats de La France insoumise et du PS-Les Ecologistes aux municipales de Toulouse ont ainsi annoncé dès lundi matin une “liste commune” en vue du second tour. Le maire divers droite est arrivé en tête du premier tour avec 37,23% des voix, mais la gauche dans son ensemble a réalisé une bonne performance avec 27,56% pour le candidat insoumise François Piquemal et 24,99% pour François Briançon, soutenu par le PS et Les Ecologistes.

Lors d’une conférence de presse en présence de membres des deux listes de gauche, le député insoumis François Piquemal a donc annoncé une “liste commune en capacité d’ouvrir une nouvelle ère à Toulouse”, ainsi qu’un “accord de gouvernance”. Selon les termes de cette alliance, le député de La France insoumise serait lui-même candidat à la mairie tandis que François Briançon serait candidat à la métropole toulousaine.

A Strasbourg, la maire sortante peut encore l’emporter grâce à une alliance

L’ancienne maire socialiste de Strasbourg Catherine Trautmann est arrivée en tête du premier tour avec 25,93% des voix, talonnée par Jean-Philippe Vetter (Les Républicains) avec 24,23%. En troisième position, la maire sortante, l’écologiste Jeanne Barseghian, obtient 19,72%. Mais elle pourrait se maintenir à son poste à l’issue du second tour en cas de fusion avec la liste du candidat insoumis Florian Kobryn (12,03%). “Les choses restent extrêmement ouvertes”, a réagi la maire sortante sur ICI Alsace.

“Je prends mes responsabilités pour que la ville reste à gauche”, a ajouté Jeanne Barseghian, laissant entendre que Catherine Trautmann, avec laquelle elle a des relations notoirement tendues, faisait partie du “camp conservateur et réactionnaire”. Florian Kobryn s’est dit d’accord pour une fusion avec la liste de la maire sortante, à condition que ses idées soient représentées. “C’est Jeanne Barseghian qui décidera s’il y a discussion ou non”, précise le candidat insoumis, “car c’est elle qui est arrivée en tête”. Cette éventuelle alliance est déjà égratignée par Catherine Trautmann. “Je constate que vous, à la fois Les Ecologistes et LFI, vous partagez une méthode politique de la conflictualité. Et moi, je ne la partage pas. Je préfère l’apaisement. Je préfère le dialogue”, a-t-elle asséné.

A Nantes, la maire socialiste va devoir discuter avec La France insoumise

A la tête d’une liste d’union de la gauche (hors LFI), la socialiste Johanna Rolland est arrivée en tête du premier tour avec 35,24% des voix, mais la maire sortante va devoir batailler pour garder son fauteuil. Mais Foulques Chombart de Lauwe, candidat de la droite et du centre, termine en deuxième position avec 33,77%. Johanna Rolland va donc devoir compter sur les voix de La France insoumise, qui arrive en troisième position avec 11,20%. William Aucant a ainsi rapidement proposé “une fusion technique” à la maire sortante. Mais le candidat insoumis a ensuite dénoncé “des discussions” entre la liste de Johanna Rolland et celle du centriste Mounir Belhamiti, qui a obtenu 8,12% des voix.

“Le maintien d’une triangulaire au second tour ouvre un risque impardonnable : celui de voir la droite l’emporter malgré une gauche majoritaire dans la ville”, a pourtant affirmé la maire de Nantes dimanche soir, sans sans citer La France insoumise dans ses premières déclarations. Mais l’état-major du PS ouvre la porte à des négociations pour des cas comme Nantes. “S’il y a des clarifications politiques qui sont amenées, notamment par les candidats de La France insoumise, alors j’appelle aussi celles et ceux qui ont des convergences de fond sur des projets municipaux à travailler ensemble”, a déclaré Pierre Jouvet sur TF1.

A Lille, les écologistes vont arbitrer le duel entre socialistes et insoumis

Les résultats lillois ont des airs de primaire de la gauche. Au premier tour, le socialiste Arnaud Deslandes, à la tête de la ville depuis un an après avoir succédé à Martine Aubry, s’est classé en première position avec 26,26% des voix d’une courte tête devant la candidate insoumise Lahouaria Addouche (23,36%) et l’écologiste pour Stéphane Baly (17,75%). Plus loin derrière, la députée macroniste Violette Spillebout est quatrième (11,1%) et le député RN Matthieu Valet cinquième (10,9%). Les discussions ont vite été lancées entre les trois forces de gauche arrivées en tête. Mais Les Ecologistes font l’objet de toutes les convoitises entre socialistes et insoumis.

“On travaille à trouver un accord respectueux du résultat des urnes”, a souligné l’équipe de Stéphane Baly lundi matin, ajoutant “il faut laisser du temps à la discussion”, tout en tablant sur un accord d’ici “ce soir” pour permettre de préparer le second tour. Le député insoumis Aurélien Le Coq a ainsi assuré sur ICI Nord que les discussions avec Les Ecologistes avaient “beaucoup avancé”. “Notre objectif est de permettre l’alternative à Lille”, a-t-il ajouté. De son côté, Arnaud Deslandes a tendu la main dès dimanche aux Ecologistes, soulignant que “les convergences entre nos programmes sont nombreuses”.

A Grenoble, la candidate de gauche appelle à une union pour garder la ville

Le candidat des Républicains Alain Carignon a créé la surprise en arrivant en tête du premier tour à Grenoble (27,04%), devançant légèrement la favorite Laurence Ruffin (26,33%). A la tête d’un collectif de partis écologistes et de gauche, la candidate va devoir négocier avec les deux autres candidats susceptibles de se maintenir au second tour : Allan Brunon (La France insoumise), qui a obtenu 14,59%, et Romain Gentil (Place Publique-PRG-Equinoxe), qui peut se maintenir avec ses 10%.

“Il faut qu’on appelle à une union, à une mobilisation, à un réveil des électeurs de gauche”, déclare Laurence Ruffin lundi matin (…). Elle affirme que des discussions sont en cours avec “l’ensemble des partis de gauche pour faire en sorte d’arriver à une union”. Laurence Ruffin souhaite “porter cette union”, estimant qu’il y a suffisamment “de points communs” à gauche. Le candidat insoumis Allan Brunon a également tendu la main à Laurence Ruffin en proposant “une fusion technique” pour le second tour.

A Clermont-Ferrand, le PS va devoir compter sur les insoumis

Un bastion socialiste fragilisé. Le candidat LR Julien Bony a créé la surprise à Clermont-Ferrand en arrivant en tête lors du premier tour (33,93%), devant le maire sortant socialiste Olivier Bianchi (29,99%). En troisième position, la députée insoumise Marianne Maximi obtient 17,01% des suffrages. Le candidat RN Antoine Darbois est également en mesure de se maintenir avec 10,29%.

Olivier Bianchi a donc le choix entre deux solutions : discuter avec La France insoumise pour conserver la mairie ou prendre le risque de perdre en refusant tout rapprochement. “Face à la droite réactionnaire, aucune hésitation, nous sommes prêts au rassemblement”, a réagi Marianne Maximi, la candidate LFI, sur X. “On discute, mais pas d’accord pour l’instant”, a confirmé le maire de Clermont-Ferrand (…).

A Brest, le PS pourrait perdre sans alliance avec La France insoumise

Le socialiste François Cuillandre, maire de Brest depuis 2001, a terminé en deuxième position du premier tour avec 23,8% des suffrages, derrière Stéphane Roudaut (divers droite) en tête avec 30,24% des voix. Le candidat PS risque donc d’avoir besoin d’une alliance avec La France insoumise pour son éventuelle réélection, puisque la liste LFI arrive en troisième position (15,39%), devant celle du Rassemblement national (11,12%). En difficulté, le maire sortant a refusé de s’exprimer dimanche soir sur une éventuelle alliance avec LFI au second tour. “Je n’aime pas réagir à chaud”, a-t-il lâché devant la presse.

La tête de liste insoumise Cécile Beaudouin n’a elle pas exclu un accord avec le maire sortant. “Nos équipes de négociateurs et négociatrices sont prêtes”, a-t-elle déclaré. “Il y a eu des échanges [avec La France insoumise] qui sont strictement informels. Rien de plus à ce stade”, a déclaré le premier secrétaire fédéral du PS dans le Finistère, Tristan Foveau (…). Il a aussi rappelé que “la tradition, à gauche, a toujours été le désistement au profit de la liste arrivée en tête”.

A Besançon, un accord déjà conclu avec La France insoumise

Anne Vignot, candidate d’une alliance Les Ecologistes-PS-PCF, a été largement distancée au premier tour (33,37%) derrière le candidat de la droite Ludovic Fagaut (40,13%). La maire sortante écologiste n’a donc pas perdu de temps et a noué une alliance pour le second tour avec la candidate insoumise Séverine Véziès, qui a obtenu 10,9% des suffrages. (…)

France Info

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