Cinq personnes, dont Boubaker El Hadj Amor, imam de la Grande Mosquée de Poitiers, ont été mises en examen fin février dans le cadre d’une enquête du Parquet national antiterroriste (Pnat) pour des soupçons de financement du Hamas sous couvert d’aide humanitaire. Tous ont été placés sous contrôle judiciaire.
Les mis en cause sont liés aux associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre. Ils sont poursuivis pour « financement d’une entreprise terroriste », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Selon les enquêteurs, ces structures auraient servi à acheminer des fonds vers le Hamas, organisation classée terroriste par l’Union européenne.
L’enquête antiterroriste, ouverte en novembre 2023 par le Pnat, a récemment été confiée à un juge d’instruction, marquant une nouvelle phase dans les investigations. Les autorités soupçonnent le détournement de dons destinés à l’aide humanitaire en Palestine. Les investigations portent sur plusieurs millions d’euros potentiellement détournés.
Boubaker El Hadj Amor, imam tunisien d’origine et ancien président de l’association Humani’Terre, conteste toute implication dans un financement terroriste et affirme qu’aucune preuve concrète ne relie les associations à de telles activités.
L’imam est également connu pour son rôle au sein des Musulmans de France, organisation affiliée au courant de pensée des Frères musulmans. La Grande Mosquée de Poitiers avait déjà suscité des controverses lors de sa construction en 2012, notamment en raison d’un financement de 400 000 euros provenant de la fondation qatarie Qatar Charity.
Les avoirs des associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre sont gelés depuis plus d’un an. Le Parquet national antiterroriste indique que l’instruction se poursuit et pourrait donner lieu à de nouvelles investigations.




