C’est un document terrible qui est parvenu au Progrès. La vidéo a été filmée quelques minutes après l’affrontement entre des militants d’ultra-droite et d’ultra-gauche et le lynchage de Quentin Deranque. On y voit ce dernier, livide. Une femme lui conseille d’aller à l’hôpital. Ses amis lui recommandent de partir « s’il ne veut pas de problème avec la police ».
Une vidéo de Quentin, groggy après l’agression, circule : tête bandée avec une écharpe et mains ensanglantées. pic.twitter.com/9OnGd2gGQC
— Fdesouche.com est une revue de presse (@F_Desouche) March 5, 2026
Depuis le 12 février, la photo de Quentin Deranque, mort après avoir été tabassé à terre par des militants d’ultra-gauche, s’affiche dans toute la France. Sur la vidéo parvenue ce jeudi au Progrès, on le reconnaît facilement. Il est debout, une silhouette frêle. On le voit d’abord de dos, il se retourne, il a les mains pleines de sang. Il porte une cagoule qui laisse deviner un visage livide. Il ne dit rien, on le voit fermer les yeux un instant.
Autour de lui, ça s’agite. La bagarre est terminée, très violente. On a vu sur d’autres vidéos six hommes s’acharner sur un homme à terre, lui donner des coups de pied dans la tête. C’est le moment d’après. La vidéo est filmée à 18h07 rue Victor-Lagrange à Lyon 7e. La conversation est vive dans le petit groupe qui rassemble à la fois des amis de Quentin Deranque et des riverains, qui voient bien que le jeune homme va visiblement mal, et qui insistent sur l’importance d’aller à l’hôpital.
Une femme brune a assisté à la bagarre et vient vraisemblablement d’appeler les secours. Elle rapporte la réponse : « Ils envoient quelqu’un mais ils ne se téléportent pas ; ils viendront quand ils pourront », transmet-elle.
On entend alors plusieurs voix masculines, sans qu’on puisse voir qui parle : « On va marcher ». Un autre lance : « Moi, je serais vous, je partirais ». « Moi, je ferais la même chose », acquiesce un troisième.
La dame s’insurge : « Pourquoi ? Il s’est fait taper sur la tête ce monsieur ! ».« Non, mais ce sont des trucs qu’ils assument. Ils sont là pour ça », explique un garçon.
La dame proteste et demande : « Ils étaient là pour ça, pour se faire taper sur la tête ? Vous voyez les infos ? »
Une voix mâle très assurée lui répond : « Il y a deux groupes qui se sont bagarrés. C’était une bagarre organisée, d’accord ? »
« Je pense qu’il faut aller à l’hôpital car il a l’air d’aller vraiment mal », affirme alors un ami de Quentin. La dame approuve : « C’est ce que je dis, il faut qu’il aille à l’hôpital ».
La vidéo s’achève. Quentin Deranque n’a pas pris la parole, mais on connaît la suite. Le jeune homme ne va pas à l’hôpital et essaie de regagner son domicile. Il sera pris en charge presque deux heures plus tard, à 19 h 50 sur le quai Fulchiron (Lyon 5e), au niveau d’un arrêt de bus TCL. Le jeune homme a parcouru environ 2 km, et il est dans un état critique. Il est transporté à l’hôpital et décède deux jours plus tard.
En conférence de presse le 16 février, le Procureur, Thierry Dran, avait affirmé que le jeune homme n’avait aucune chance de survivre à ses blessures. « L’autopsie pratiquée ce matin a permis de déterminer qu’il présentait essentiellement des lésions à la tête, un traumatisme crânio-encéphalique majeur associé à une fracture temporale droite. Les experts ont conclu que ces lésions étaient au-delà de toutes ressources thérapeutiques et mortelles à brève échéance », avait-il assuré.




