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Quentin de moins, pétain en moins !

Au milieu du brouhaha médiatique ayant suivi la mort de Quentin, il nous paraît important d’apporter un récit différent, soutenant l’action directe et de rue, en solidarité avec toutes les personnes interpellées, cherchant à prendre la mesure du moment et à ne pas se ranger du côté de la dissociation et de la répression..

Les communiqués de dissociations pullulent depuis la mort du pauvre petit nazi qui a rencontré un trottoir lyonnais d’un peu trop près. Les électoralistes de toute la gauche s’affolent pour leurs postes et pour leurs votes : des écolos à LFI, les communiqués fleurissent plus vite encore qu’a couru le petit quentin, se précipitant même pour rejoindre leurs collègues fascistes dans un hommage à l’assemblée. Mal fringué parmi les cravateux, même le député antifa qui ne tient ses 7K mensuels qu’à son passé bagarreur s’émeut de la disparition du petit ange parti trop tard et balance sous le bus ses potos. Les champions appellistes du contenu poubelle d’extrême gauche, de Cerveaux Moins Disponibles que celui de quentin étalé sur le trottoir à Contre-Attaque-Pas-Trop-Forte, tentent de créer un contre-narratif victimaire (de gauche !) au narratif déjà victimaire (de droite…) des grands médias, loin de leurs habituelles vidéos de bandeurs d’émeutes.

Dans ce concours de la plus grosse victime du pays, les deux médias de la frange insta-autonome essaient de tourner le sujet sur le fait que, déjà, c’est l’extrême droite qui a commencé la première être violente, et puis d’abord c’est elle qui tue le plus. Ce même narratif se retrouve sur certains textes publiés sur des sites du réseau pas si autonome Mutu, rejoignant les discours de députés qui auraient dû prolonger la minute de silence jusqu’à la fin de leur mandat. Si les précisions et témoignages supplémentaires sont plus ou moins intéressants, notamment pour se moquer des guet-apens qui finissent surtout par guetter l’arrêt de bus après avoir déchiré leur carte vitale jugée trop woke, nous n’apprenons pas grand chose dans les démonstrations méthodiques que, oui, les fachos mentent (ou sont juste complètement cons et n’arrivent pas à se mettre d’accord) et que les grands médias sont complices. Gros scoop !

Les grands détectives appelos osent alors titrer qu’ »un fasciste est un fasciste de trop, mais aucune vie n’est de trop » car ce serait seulement « les idées fascistes que nous voulons voir disparaître ». Toute cette gauche assume défendre un antifascisme complètement inoffensif, se rangeant sans grande difficulté derrière la ligne du Parti (in)soumis-(trop)visible. Pour 3 minutes à la télé, 4 votes déjà acquis par défaut, des petits privilèges de trou du cul élu, ou 10 likes sur insta, ça balance et lâche des camarades à la meute comme des bonnes poukaves. À quoi sert donc un média d’agitation s’il n’agite rien d’autre que ses 300 story qui n’assument rien ?

Un facho de moins c’est un facho de moins, et un facho mort c’est le meilleur des fachos de moins, c’est celui qui ne le redeviendra jamais. Un facho mort, c’est déjà un vote de moins sans avoir à faire des promesses réactionnaires. Un facho mort, c’est bien le seul facho qu’on aime voir dans l’urne. Un facho mort, c’est un de moins dans les défilés nazis dont la gauche aime tant s’offusquer depuis l’autre bout de paname ou les plateaux télé. Un facho mort, c’est un obstacle de moins au prochain coup dans la direction de Nemesis. Un facho mort, c’est autant d’agressions racistes, transphobes ou misogynes qui n’auront jamais lieu à l’échelle de toute une vie. Si ces conséquences nous paraissent fortement désirables, pourquoi condamnerions-nous le seul moyen valable de les faire advenir ? Par un moralisme chrétien qui fait de nous les gentil·le·s (sauveur·e·s) et d’eux les méchant·e·s ? Par un moralisme républicain qui fait de nous les gentil·le·s (inoffensif·ve·s) et d’eux les méchant·e·s ? Toute la gauche s’offusque justement par posture, se vautrant dans l’inaction et ira jusqu’à se faire bouffer et écraser plutôt que d’envisager la moindre action un tant soi peu offensive.

L’usage de la violence à des fins révolutionnaires ne peut être exclu si l’on désire être conséquent·e·s, aller au delà du blabla et des promesses dans le vide des petits politiciens. Au contraire, la violence politique est la seule politique qui nous intéresse. On veut abattre le fascisme, donc abattre tous les fascistes. La seule méthode fonctionnelle est d’instaurer la peur dans leurs corps jusqu’à la disparition de leurs idées nauséabondes – cela passe par un bon tabassage en règle, comme par un assassinat. Que chaque bras levé un peu trop droit ne puisse plus jamais se lever. De même, on veut abattre la police, la prison, l’État, le capitalisme et tous les moyens sont bons pour ça : tuer des patrons, tabasser des matons, cramer des comicos, éclater les vitres de banques et de fabricants d’armes.

Pour une partie du milieu antifa, des députés aux socdems-compatibles en passant par les insta-appello, l’« autodéfense populaire » serait la seule réponse crédible face aux fafs. Mais de quelle autodéfense parle-t-on réellement ? Défendre quoi, et contre quoi ? L’ordre existant ? La démocratie ? L’antifascisme se réduirait-il alors à la simple préservation du statu quo ? Leur récit légitime seulement une partie de la violence révolutionnaire, la cantonnant à un droit à se défendre uniquement en réaction aux fachos ou aux keufs.

En pratique, les partisan·e·s de l’autodéfense populaire s’appuient souvent sur des références largement fantasmées à d’anciens ou lointains groupes révolutionnaires, comme les Black Panthers ou le PKK, sans jamais interroger les rapports d’autorité en leur sein ni les contradictions internes qui ont traversé ces organisations – et ce qu’elles nous apprennent de leurs modes d’action. Chez certain·e·s, l’ »autodéfense » va même jusqu’à devenir « le service d’ordre », dont le nom autant que la pratique syndicale usuelle donnent clairement le ton. L’expression même d’« autodéfense populaire » fonctionne comme un écran : elle permet de se donner une posture radicale sans assumer concrètement ce que recouvrent, ou non, des pratiques d’autodéfense. Elle sert aussi à se dissocier rapidement de toute action jugée trop compromettante. Ce faisant, ces antifas prennent également leurs distances avec une part importante de leur propre histoire, qu’il s’agisse de l’incendie du Reichstag par Marinus van der Lubbe en 1933 ou de l’assassinat de Marius Plateau, cadre de l’Action française, par Germaine Berton en 1923. Au final, les défenseur·e·s de l’autodéfense populaire ne constitueraient rien d’autre qu’une aile gauche de la social-démocratie, prompte à sacrifier ceux qui vont plus loin dans la radicalité et à disqualifier toute contestation de leur position hégémonique.

En perte de radicalité, les instagrammeur·se·s sans cervelle lâchent un texte pour dénoncer la gauche qui condamne la violence, frustré·e·s qu’elle leur ait volé leur ligne. Les plus aventureux·ses de ces dissocié·e·s assumeront la pertinence de la violence insurrectionnelle, de casser des trucs et de cramer des machins. L’assumeront-iels jusqu’au bout ou vont-iels continuer leur transition vers l’Extinction Rebellion du Riot Porn, à se cacher derrière la lâcheté de la désobéissance civile lorsque l’on pousse l’idée jusqu’au bout ? Cramer un comico oui, mais si on empêche les keufs d’en sortir en même temps ? Caillasser les flics oui, mais si l’un meurt de ses blessures ? Intimider les matons à domicile oui, mais si on incendie ce même domicile pendant son sommeil ? Péter les vitres des fabricants d’armes oui, mais si on flingue le PDG ? Vandaliser des permanences de députés fascistes oui, mais si l’un de ces fascistes se prend le coup final ?

Contrairement à leurs justifications qui n’assument qu’à moitié, notre violence n’est pas seulement une violence réactive, à laquelle on répond par devoir divin de contrebalancer la violence fasciste. La violence contre les fascistes ne prend pas seulement racine dans le fait que les fascistes sont violents, mais dans le fait qu’ils sont fascistes – au sens où ils propagent et font vivre des idées et actes fascistes, sans aucun essentialisme de leur personne, mais sans pour autant pouvoir le dissocier de qui ils sont en tant que tels. Un fasciste pacifique ne serait pas une cible moins intéressante ni moins méritante de rencontrer le trottoir à grande vitesse (ou tout autre TGV) de plein fouet. La violence contre les flics ne répond pas seulement aux violences policières, mais bien à l’existence de toute forme de police. Un flic qui fait son travail le mieux du monde ne mériterait pas moins de lui aussi partir en retraite très anticipée. Le PDG d’une entreprise nuisible mérite ses trois balles dans la tête, qu’il soit à la tête d’assurances pacifiques qui détruisent des vies ou d’une quelconque entreprise d’armement qui n’aurait même pas encore vendu une seule arme. Plutôt que l’autodéfense, revendiquons l’attaque !

Les fachos qui attaquent les permanences et autres locaux de gauche ont bien compris l’aspect décisif du moment pour le rapport de force à venir. Il faut bouffer ou se faire bouffer. Tuer ou se faire tuer. On ne peut que prolonger l’offensive et passer à l’attaque. L’affaire à venir fera preuve de la vengeance de tout l’appareil répressif d’État sur les mieux habillé·e·s des antifas. La répression à venir sur le mouvement dans son ensemble s’annonce d’ores et déjà sans pitié, que ce soit de part son appareil judiciaire, son appareil policier ou son appareil législatif. Les dissocié·e·s de tous les partis n’y échapperont pas (ou seulement provisoirement), peu importe à quel point iels osent lécher les pieds de l’État. Dès lors, il ne s’agit pas de tendre la joue pour se faire battre encore plus fort, mais de montrer les dents pour résister d’autant plus aux vengeances déjà là et à venir des fachos comme de l’État.

Assumons ! La violence révolutionnaire et insurrectionnelle est la seule voie qui vaille, la seule à même de mener à une véritable révolution. On ne veut pas simplement changer le monde, on veut détruire les leurs, et cela ne se fera jamais dans le simple monde des idées. Preuve en est que même en détenant la vérité des faits, seul le narratif de celui qui crie le plus fort s’impose. Si le néonazi post-vivant « aimait la lutte jusqu’à la mort », assumons-en de même – quoique de notre côté on remettra ça, même si lui n’osera pas revenir de si tôt. Ce n’est pas par pulsion de mort ou par haine de la vie, mais parce que c’est la seule manière d’allier les actes à nos idées et de faire advenir le monde que l’on désire.

On nous bassine tous les jours avec des appels aux votes complètement inutiles face à « la montée du fascisme », mais dès lors qu’une action renverse enfin pendant un petit instant la réalité comme la tête du fascisme, descendant justement ce fasciste qui montait, plus personne ne désire s’en saisir pour construire une nouvelle conflictualité. N’en déplaise aux forcenés du vote, nous avons depuis longtemps dépassé le stade de l’élection des délégués. C’est à la guerre sociale que nous prenons part corps et âme, et il faut en prendre la mesure.

Onze personnes ont déjà été interpellées suite aux chouineries des fascistes et à la complaisance de toute la gauche. Si elles sont innocentes, nous espérons qu’elles sortiront vite. Si elles sont coupables, nous espérons qu’elles sortiront et s’en sortiront d’autant plus vite et nous leur envoyons toute notre solidarité. Force à toutes les personnes interpellées et à toutes celles qui se cachent, en espérant qu’elles ne soient jamais identifiées. Que crèvent les fascistes, les flics et les prisons !


Des anarchistes violent·e·s solidaires des antifas violent·e·s

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