À 2h30 dans la nuit de mardi à mercredi, Rachid, 39 ans, quitte son pavillon en brique rouge et jardinet avec balançoire au cœur de l’ancienne cité minière de Libercourt (Pas-de-Calais). Le chauffeur de poids lourd doit « embaucher » à 3 heures du matin à 25 km de là, chez son employeur, la société de transport de produits frais Delanchy à Liévin, en bordure de Lens, avant d’achever sa tournée en début d’après-midi.
[…]Rachid, symbole de cette France qui se lève (très) tôt et, comme le souligne une habitante, qui « ne fait pas de bruit », est tué. Âgés de 15 et 16 ans, les deux passagers arrière de l’Audi A3 perdent également la vie. Son conducteur, âgé de seulement 15 ans, ainsi que le passager avant, sont entre la vie et la mort. Ce jeudi, le pronostic vital des deux blessés est toujours engagé. Le parquet de Béthune a ouvert une enquête pour homicide routier.
[…]Entre deux sanglots, elles décrivent un « papa très calme », qui vivait « pour ses enfants, sa femme, son travail ». « On dit toujours que ce sont les meilleurs qui partent. Là, c’est bien vrai ! C’est un excellent père de famille qui voulait aller bosser pour nourrir sa famille et à qui on a arraché la vie. Il était au mauvais endroit au mauvais moment. Il y avait deux voitures à ce moment-là, c’est tombé sur la sienne », s’attristent-elles.
Face à ce deuil, elles sont « dans l’incompréhension » mais « pas dans la haine », contrairement aux commentaires qu’elles ont pu lire sur les réseaux sociaux. « En fait, on ne sait que ressentir. On a du mal à comprendre comment des gamins peuvent se retrouver à 2h30 dans cette voiture à 150 km/h. Mais on n’incrimine pas les parents », précisent-elles, étant plutôt « dans l’empathie ».
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