Un arrêté publié au Journal officiel ce 24 février 2026 interdit la vente aux mineurs du livre Moi, la jeune Musulmane, écrit par le docteur Ahmad Ibn Moubarak ibn Qadhlan Al Mazru’i et publié par les éditions Ibn Badis. La décision, prise le 23 février par le ministère de l’Intérieur, vise également l’exposition et la publicité de l’ouvrage auprès du public.
À l’origine de cette interdiction, un signalement de la Commission de surveillance et de contrôle des publications destinées à l’enfance et à l’adolescence (CSCPJ), daté du 11 février. Plusieurs passages du livre ont été jugés problématiques. Parmi eux : « je n’imite pas les Occidentaux dans leurs croyances, leurs adorations, leurs tenues vestimentaires, leurs coutumes, leurs fêtes et leurs comportements » ou encore « le Prophète a maudit les femmes qui agissent comme des hommes ». L’ouvrage recommande également aux jeunes musulmanes de ne pas voyager « sans mahram » et d’éviter les interactions avec des hommes « licites au mariage », affirmant : « ma maison est mon paradis dont je ne sors qu’en cas de nécessité et qu’avec la permission de mes parents. »
Selon la commission, ces extraits peuvent constituer « des incitations à la discrimination envers les femmes » et être « de nature à nuire à l’épanouissement physique, mental ou moral de l’enfance et de la jeunesse ». Les passages évoquant les « Occidentaux » seraient également « susceptibles de constituer une incitation à la haine et à la discrimination ».
L’arrêté s’appuie sur la loi du 16 juillet 1949 relative aux publications destinées à la jeunesse. Il reproche en outre à l’éditeur de ne pas avoir transmis les deux exemplaires obligatoires au ministère de la Justice lors de la parution en février 2025. Malgré des propositions de modifications — mention « réservé aux majeurs », ajout d’un avant-propos condamnant toute haine et reformulation de passages — le ministère a maintenu l’interdiction, invoquant l’absence de garanties suffisantes.




