Candidat d’extrême gauche à l’élection municipale de Strasbourg, Cem Yoldas a annoncé ce mercredi 25 février le retrait de sa liste “Strasbourg c’est nous !”, soutenue par le Nouveau parti anticapitaliste (NPA). Il invoque des raisons de « sécurité », dans un contexte de tensions accrues après la mort de Quentin Deranque à Lyon le 12 février.
Selon lui, « après la mort de Quentin Deranque […] s’en est suivie une flambée des violences de l’extrême droite et du harcèlement en ligne ». Il accuse la candidate du Rassemblement national Virginie Joron d’avoir « exposé sur ses réseaux sociaux le lieu où je travaille », ce qui « me met en danger, mais aussi mes collègues et le public que l’on accompagne ». Éducateur en prévention spécialisée au Neuhof, il affirme que la décision a été prise « non pas par peur, mais par responsabilité ».
Ancienne figure de la Jeune Garde, Cem Yoldas — de son vrai nom Cem Mikael Bal, 29 ans — assure faire « personnellement fi de ces menaces ». « La violence de l’extrême droite, je la connais, je l’ai vécue jusque dans ma chair. Je m’y suis préparé », déclare-t-il, estimant devoir protéger ses 66 colistiers. Il précise que son procès pour violences en réunion en 2023, renvoyé au mois de juin, est « sans lien » avec ce retrait et soutient que cette affaire a au contraire « galvanisé » son mouvement.
Créditée jusqu’à 5 % dans les sondages selon lui, la liste entend désormais « incarner l’opposition lors de ce prochain mandat, en dehors du conseil municipal », notamment autour de la gratuité totale des transports en commun et de la baisse des loyers sociaux. Qualifiant son retrait de « défaite pour la démocratie », Cem Yoldas annonce qu’une plainte contre Virginie Joron doit être déposée d’ici la fin de la semaine.




