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Romanciers, historiens, écrivains, sociologues ou élus, 180 personnalités appellent au sursaut contre l’instrumentalisation de la mort de Quentin Deranque par l’extrême droite, la droite, le gouvernement et les médias dominants qui cherchent ainsi à instaurer une chape de plomb sur la gauche et à inverser les rôles entre fascistes et antifascistes.

Nous vivons des temps dangereux, où le camp du suprémacisme, de l’extrême droite et du néofascisme se trouve en position de force partout dans le monde. La France ne fait malheureusement pas exception à cette vague mondiale. Il s’agit à la fois d’une montée de l’extrême droite institutionnelle, mais aussi d’une extrême droitisation des discours médiatiques et politiques en général, ainsi que de la violence de rue. Nous pouvons affronter ce péril si le camp antifasciste est solidaire et déterminé pour empêcher le pays de sombrer dans le pire.

À ce titre, nous sommes à un tournant. Le 12 février dernier, à Lyon, un drame a eu lieu : la mort d’un militant d’extrême droite, manifestement venu participer à une rixe contre des militants antifascistes. La mort violente d’un jeune de 23 ans est toujours inacceptable, et nous nous sommes horrifiés par elle. Depuis ce drame, nous assistons avec sidération à la tentative d’instaurer une véritable chape de plomb sur la gauche et les forces antifascistes, qu’elles soient institutionnelles ou issues du mouvement social.

L’extrême droite dans toutes ses composantes a imposé un récit univoque établissant un continuum sans nuance entre les responsables du décès de Quentin Deranque, l’ensemble des militants antifascistes et la France insoumise. Cette lecture des événements a été reprise sans aucune distance critique par les médias mainstream, le gouvernement, et une très grande partie de la classe politique. Laisser ainsi le camp suprémaciste dicter sa lecture des événements est irresponsable. C’est faire le lit de l’extrême droite et aider à une manœuvre qui vise, pour la première fois depuis la Libération, à inverser les rôles entre fascistes et antifascistes.

Nous sonnons l’alerte : historiquement, l’extrême droite a souvent instrumentalisé des violences comme celle-ci pour mettre au pas la société. En 1930, la mort du militant nazi Horst Wessel, engagé dans la SA, a été transformée en mythe par Goebbels au service de la victimisation du parti nazi. Bien sûr, cette séquence a sa spécificité historique et on ne saurait la plaquer simplement sur notre réalité contemporaine. Mais plus proche de nous, rappelons-nous comment, aux États-Unis, Trump et les siens ont instrumentalisé l’assassinat de Charlie Kirk pour réprimer les mouvements sociaux et classer officiellement les antifacistes comme mouvement terroriste.

Notre devoir n’est pas de crier avec les loups pour accabler le mouvement antifasciste ou la France insoumise. L’urgence est de faire bloc pour d’abord réaffirmer une réalité que montrent tous les chiffres : la violence politique vient d’abord de l’extrême droite. 90 % des morts d’assassinats politiques entre 1986 et 2021 sont le fait de ce camp. Depuis 2022, 12 personnes ont été tuées des mains de l’extrême droite dans notre pays. Encore ces derniers jours, des permanences politiques et syndicales, des bars et des lieux de convivialité ont été pris pour cible, faisant plusieurs blessés. Nous devons être nombreux à refuser la diabolisation de l’antifascisme, et son corollaire, la dédiabolisation du fascisme.

Premiers signataires

Annie Ernaux, écrivaine, prix Nobel de littérature 2022

Johann Chapoutot, historien

Abdourahman Waberi, Écrivain

Frédéric Lordon, chercheur en philosophie

Bernard Friot, sociologue et économiste

Michael Löwy, sociologue

Sophie Wahnich, historienne, directrice de recherche CNRS

Éric Vuillard, écrivain, lauréat du prix Goncourt 2017

Edouard Louis, écrivain

Sabina Issehnane, économiste

Joseph Andras, écrivain,

Sandra Lucbert, autrice

Mathilde Larrère, historienne

Eric Fassin, sociologue

Laurent Binet, écrivain

Xavier Mathieu, comédien

Marwan Mohammed, Sociologue

Zarah Sultana, députée britannique

Fanny Gallot, historienne

Ugo Palheta, sociologue

Jean-Marc Schiappa, historien

Et aussi :

Stathis Kouvélakis, philosophe

Tariq Ali, historien

Arnaud Houte, historien, Sorbonne Université

Jean Vigreux, Historien Université de Bourgogne

Nicolas Offenstadt, Historien, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

Zoé Carle, enseignante-chercheuse

Claire Vivès, Sociologue

Nicolas Da Silva, économiste

Emmanuel Renault, Professeur de philosophie, Université Paris Nanterre

Aurore Koechlin, sociologue, militante féministe

Léo Rosell, doctorant en histoire contemporaine

Mickael Idrac, professeur de sociologie à l’université de Liege (Belgique) et fellow de l’institut convergences migrations (France)

Benoit Schneckenburger, philosophe

Sylvain Billot, Statisticien économiste

Clément Sénéchal, essayiste

Julien Talpin, sociologue, directeur de recherche au CNRS

Nicolas Vieillescazes, éditeur

Ludivine Bantigny, historienne

Frédéric Lebaron, sociologue

Hugo Touzet, Sociologue

Vincent Dain, doctorant en science politique

Charlotte Brives, anthropologue

Tristan Haute, politologue

Filippo Ortona, journaliste

Eric Berr, économiste

Carlotta Benvegnù, Sociologue

Armelle Mabon, Historienne

Stefano Palombarini, économiste, maître de conférences Paris 8

Jean-Baptiste Comby, sociologue

Alain Maillard, sociologue

Déborah Cohen, MCF en histoire

Joël Schnapp, historien

Jonathan Cornillon, maître de conférences en Histoire romaine (Sorbonne Université)

Fabien Archambault, historien, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

René Monzat,  Chercheur indépendant, Militant syndical

Davide Gallo Lassere, Maître de Conférence en Politique Internationale

Hèla Yousfi, Sociologue, Maître de conférences, Université Paris-Dauphine

Benjamin Lemoine, écnomiste, CNRS

Bernard Aghina, architecte

Juan Carlos Durant C. peintre

Jean-Louis Hess, artiste

Georges Yoram Federmann, Psychiatre Gymnopédiste

Isabelle d’Artagnan, historienne, présidente de l’IRELP

Paul Elek, doctorant en sociologie

Barbara Métais-Chastanier, Maîtresse de conférence en littérature et arts

Sylvain Excoffon, syndicaliste, universitaire

Pascal Maillard, universitaire

Georges Jablonski-Sidéris, historien

Michel Feher, Philosophe

Prescillia Martin, réalisatrice

Gilles Sandoz, Producteur Cinema

Safia Dahani, politiste

René-Omar Llored, professeur en lycée public, chercheur indépendant

Alexis Cukier, philosophe

Grégoire Chamayou, Chercheur en Philosophie

Cédric Durand, Économiste

Julien Giudicelli, maître de conférences HDR en droit public, Université de Bordeaux

Jean Claude Meyer, Agrégé de philosophie

Françoise Vergès, autrice, militante féministe décoloniale antiraciste

Nicolas Renahy, sociologue

Martin Mourre, historien

Vincent Goulet, sociologue, chargé de cours à l’université de Strasbourg

Rachid Bouchareb, sociologue

Hugo Harari-Kermadec, sociologue,professeur des universités

Pablo Stefanoni, journaliste

Pauline Seiller sociologue

Cécile Gintrac, géographe

Nahema Hanafi, historienne

Paul Mayens, historien

Bruno Amable, économiste

Isabelle Garo, philosophe

Jean Rivière, Enseignant-chercheur en géographie

Jules Falquet, philosophe, professeure des universités

Samuel Bouron, sociologue

Federico Tarragoni, Professeur des Universités en sociologie politique

Laurence De Cock, historienne et enseignante

Clarisse Guiraud, enseignante en sciences économiques et sociales

Michael Löwy, sociologue

Carlo Vercellone, Professeur émérite en sciences de l’information et de la communication

Ludivine Bantigny, historienne

Hélène Quanquin, enseignante-chercheuse

Hannah, Bensussan, Économiste

Vincent Bollenot, Historien

Manuel Cervera-Marzal, sociologue

Egoitz Urrutikoetxea, doctorant en histoire

Marion Beauvalet, sociologue

Ozgur Gun, Économiste, Université de Reims

Olivier Neveux, historien, enseignant-chercheur

Franck Gaudichaud, sociologue, revue Contretemps

Michel Feher, Philosophe

Charlène Calderaro, sociologue

Théo Roumier, syndicaliste, auteur, rédaction de Contretemps web.

Katell Brestic, enseignante-chercheuse, histoire du nazisme

Séverine Chauvel sociologue

Caroline Ibos, sociologue

Hadrien Clouet, Député /Sociologue

Yannick Bosc, Historien

Fabrice Riceputi, historien

Mélanie Fabre, historienne, maîtresse de conférences, Université Picardie-Jules Verne

Stéphanie Dauphin – MCF en histoire contemporaine

Laurent Lévy, membre du comité de rédaction de Contretemps-web

Tristan Auvray, Maître de conférences en économie

Vincent Gay, sociologue, membre de la rédaction de la revue Contretemps

Aurélie Dianara Andry, Historienne

Salvatore Prinzi, chercheur (Conseil national de la recherche, Italie)

Vanessa Caru, historienne

Claire Lemercier, historienne

Magali Bessone, philosophe, universitaire

Fabrice Virgili, histoirien

Dr Zoé, Présidente de La Brèche

Paul Boulland, historien, CNRS

Dany Lang, écnomiste

Pierre Bravo, Gala Libraire

Daniele Joly Professeure Emérite Université de Warwick

Samuel Tracol, agrégé d’histoire, doctorant en histoire contemporaine

Sophie Djigo, philosophe

Fanny Madeline, Historienne

Anne Jollet, historienne

Thierry Discepolo, Éditions Agone

Michele Mancarella, Enseignant-chercheur en physique

Germana Berlantini, docteure en philosophie

Cosimo Lisi, historien, chargé de cours, Université Paris8

Tommaso Pirrone, sociologue, Doctorant CNAM Paris

Karin Fischer, professeur des universités en études irlandaises et britanniques

Henri Maler, philosophe

Annie Lacroix-Riz, historienne

Roland Pfefferkorn, professeur émérite de sociologie

Julien Giudicelli, Maître de conférences HDR en droit public, Université de Bordeaux

Pierre Serna, historien

Geoffroy de Lagasnerie, philosophe

Didier Eribon philosophe

Christophe Cotteret, cinéaste documentaire

Christiane Vollaire , Philosophe

Arno Bertina, écrivain

Annick Coupé et Christian Mahieux, comité éditorial Les Utopiques

Julien Lefèvre, enseignant

Giorgio Fabbri, économiste, directeur de recherche CNRS

Agnes Fine, anthropologue, D.E Ehess retraitée

Fabrice Guilbaud, sociologue, Maître de conférences à l’UPJV, syndicaliste

Pierre Crétois, MCF philosophie

Raïssa Maillard, Enseignante.

Thomas Posado, MCF, Université de Rouen Normandie

Pierre-Emmanuel Berche, enseignant-chercheur, Rouen

Alexandre Dupont, MCF histoire

Julie Pagis, sociologue, chercheuse au CNRS

Cécile Jouhanneau, enseignante-chercheuse

Sébastien Fontenelle, journaliste à Blast

Sylvie Tissot, sociologue

Chloé, Tardivel, Chercheuse postdoctorante

Gilles Bourhis, syndicaliste de l’ESR et libre penseur

Francesco Brancaccio, Docteur en Sciences Politiques, Enseignant contractuel à Sciences Po Paris, Université Paris 8 et Nanterre Université

Matteo Polleri, ATER Sciences Po Lyon / chercheur associé Sophiapol, Université Paris Nanterre

Luca Paltrinieri, philosophe

Alain Bihr sociologue

Serge Bloch, illustrateur

Christine Hélot, linguisten Universite Strasbourg

Cherif Ferjani, politologue, Professeur des universités

Julie Sermon, historienne, Enseignante-chercheure

Vincenzo Celiberti, Archéologue préhistorien, chercheur UPVD

Vanille Laborde MCF contractuelle en science politique

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