La direction de la Banque de France a annoncé, mardi 17 février, l’ouverture d’une enquête visant Hervé G., directeur général chargé des services à l’économie et du réseau de l’institution. En cause : des « likes » publiés sur le réseau professionnel LinkedIn.
Dans un mail adressé aux organisations syndicales, que franceinfo indique avoir consulté, la direction évoque « des likes, sur le réseau LinkedIn, manquant selon toute apparence au devoir de réserve et à la neutralité que doivent respecter tous les agents de la Banque ». L’alerte a été lancée par la CGT Banque de France, qui affirme, captures d’écran à l’appui, qu’Hervé G. promeut « des contenus d’extrême droite (contenu raciste, sexiste, promouvant l’idée d’une guerre de civilisation, haine de la fonction publique et de l’État-social…) ».
Le syndicat estime qu’« un tel usage d’un compte LinkedIn institutionnel est particulièrement préjudiciable à l’image de la Banque de France et fait honte aux agents de la Banque de France » et réclame sa suspension. De son côté, la direction assure avoir demandé « l’arrêt immédiat de cette pratique » et précise que les messages en cause ont été retirés. Elle souligne que « ce qui est en cause, ce ne sont pas les opinions privées de chacun et leur diversité, c’est le fait de les exprimer publiquement sur un réseau social professionnel ».
Une enquête interne a été lancée afin de « déterminer la portée d’un manquement individuel ». Cette situation s’inscrit dans un contexte juridique déjà balisé : comme le rappelait en janvier 2025 l’avocate en droit du travail Emilie Méridjen sur franceinfo, « Le cas de LinkedIn est particulier parce qu’il s’agit d’un réseau professionnel public ». Elle précisait que la jurisprudence permet à un employeur de se prévaloir d’une publication ou d’un « like » sur LinkedIn dans le cadre d’une procédure disciplinaire, notamment en cas d’atteinte à l’image de l’entreprise.






