Mis en cause dans une enquête judiciaire pour des faits présumés d’atteinte à l’intégrité sexuelle et de viol, Thomas Rorive est décrit par des témoignages internes à la RTBF comme ayant déjà eu des comportements jugés problématiques.
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Selon le témoignage d’un réalisateur, lors d’un reportage pour l’émission « Questions à la Une » consacrée à la cocaïne, Thomas Rorive aurait exercé des pressions sur un étudiant pour qu’il consomme de la drogue sous l’œil de la caméra, affirmant que « c’était indispensable » pour la séquence. Pour le convaincre, il lui aurait promis d’aider un de ses amis à éditer de la poésie. N’ayant pas de drogue sur lui, l’étudiant se serait vu proposer celle de Thomas Rorive, qui lui aurait même offert sa carte de crédit professionnelle pour faciliter l’acte.
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Une collaboratrice l’avait même surnommé le « petit pervers ». Selon son témoignage, elle aurait été invitée par ses responsables directs à accompagner Thomas Rorive sur le tournage du « Questions à la Une » consacré aux « Cam girls », afin de servir de « garde-fou » et de « protéger les filles ». Ses supérieurs estimaient que le quarantenaire était le seul journaliste capable de traiter efficacement des sujets liés au sexe, car c’était « le genre de thématiques qu’il affectionnait ».
Sur ce même tournage, Thomas Rorive a également encadré une stagiaire. En 2015, Emma (lire par ailleurs), a signalé à son supérieur, Bruno Clément, un comportement inapproprié du journaliste après leur journée de travail. Elle ne qualifiera ces faits de « viol » que sept ans plus tard, en 2022, dans une plainte formelle.
Bruno Clément s’est ensuite entretenu avec Thomas Rorive pour lui signifier le caractère inapproprié de son comportement. Par ailleurs, il affirme avoir conseillé informellement à son successeur de ne plus confier de stagiaire au journaliste et avoir averti de la situation Jean-Pierre Jacqmin, directeur de l’information, ce que ce dernier confirme dans son audition.
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Lors de ses auditions, Thomas Rorive a également admis avoir une consommation « festive et occasionnelle de cocaïne ». Il a précisé que cela arrivait « pendant et en dehors des heures de travail » à la RTBF. Pour sa défense, il déclare : « Quant à l’usage de la substance sur le lieu de travail, il était répandu à la RTBF lorsque j’y travaillais. Je dispose de preuves avec une vingtaine de collègues différents. »
Malgré ces éléments, aucune mesure interne formelle n’a été prise à l’encontre de Thomas Rorive avant celle ayant conduit à son licenciement, en octobre 2021.







