Des garçons profitaient d’un nouveau dispositif, à l’Université, institué depuis octobre 2025, pour se prendre des jours de repos et sécher quelques cours, notamment des travaux pratiques ou dirigés.
C’est peu dire que des enseignants ont fait des bonds dans les salles de cours en découvrant que le dispositif avait été détourné de son esprit d’origine.« Au début, l’initiative était bonne », témoigne une enseignante de l’université qui préfère rester anonyme. « Cela partait d’une volonté de prendre en compte des situations parfois compliquées, des souffrances de certaines jeunes femmes. L’idée était de leur accorder 10 jours par an pour des raisons menstruelles. Cela leur évitait de devoir obtenir un certificat médical en cas de règles douloureuses. »
Mais l’Université de Limoges ne voulait pas s’immiscer dans des considérations liées à l’intimité des étudiant(e)s, à leurs problématiques de santé et au-delà, à leur identité et a donc décidé d’octroyer ces congés à l’ensemble des étudiants.
[…]« Nous avons pris le parti d’ouvrir cette possibilité à tous les étudiants, sans distinction de genre. Pourquoi?? Pour éviter justement une stigmatisation », note Raphaël Jamier. « Un garçon doit avoir conscience qu’il ne va pas bénéficier de ce dispositif… C’était basé sur la confiance », résume Raphaël Jamier. La confiance et la responsabilisation des étudiants. Problème : des étudiants ont profité du dispositif pour poser des jours et partir en vacances.
[…]Désormais, les personnes qui veulent bénéficier de ces congés menstruels doivent déclarer sur l’honneur avoir la nécessité de prendre des jours. En clair, comme le rappelle le courrier envoyé en décembre, les congés menstruels sont destinés aux personnes qui sont menstruées.
Le courrier :
« Chers étudiants, l’Université de Limoges a mis en place depuis le 1er octobre dernier le congé menstruel étudiant. Ce dispositif a pu voir le jour grâce à la forte implication de vos élus étudiants, des élus non étudiants et des personnels de scolarité.
Le congé menstruel vise à apporter une réponse aux souffrances que les personnes menstruées peuvent subir pendant leur cycle menstruel, afin de leur permettre de bénéficier d’absences justifiées sans avoir besoin de présenter un certificat médical. Le recours à ce dispositif est encadré (nombre de jours pouvant être pris, etc.).
Au vu des retours des services de scolarité de plusieurs composantes de notre établissement, il apparaît que les conditions du congé menstruel sont parfois encore incomprises, particulièrement s’agissant de qui peut en bénéficier. A priori, cela ne ressort pas assez clairement de l’appellation retenue.
En raison de sa finalité, le congé menstruel bénéficie aux personnes menstruées, c’est-à-dire aux personnes qui peuvent avoir leurs règles. Nous en profitons pour rappeler qu’il s’agit bien d’un congé menstruel et non mensuel, l’orthographe ayant un sens en français.
Par conséquent, toute personne, ne pouvant, biologiquement, souffrir d’un syndrome menstruel quel qu’il soit, ne peut pas bénéficier du congé menstruel. Dès lors, tout contrevenant à cette règle élémentaire serait considéré comme faisant un usage frauduleux du dispositif. Son absence ne pourrait être alors justifiée, et il s’exposerait à des conséquences du point de vue de la validation de son année ou diplôme.
Les sanctions pédagogiques qui pourraient être prises seraient d’autant plus importantes que le recours abusif à ce dispositif serait répété. Nous restons à votre disposition pour toute interrogation. »






