Huit jeunes hommes âgés de 19 à 28 ans ont été mis en examen jeudi à Paris pour tentative de meurtre en bande organisée, avant d’être placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d’avoir ouvert le feu le 14 avril 2024 à Aulnay-sous-Bois, blessant par balle deux jeunes hommes, dans un contexte d’affrontements violents entre les quartiers des Beaudottes à Sevran et du Gros Saule à Aulnay.
Les faits se sont produits vers 20h15, allée du Docteur-Claude-Bernard. Alertées par des riverains après une rafale de coups de feu, les forces de l’ordre découvrent deux victimes, Karim et Mohamed. L’un est grièvement blessé à la fesse par un tir et se voit attribuer vingt jours d’ITT après son transfert à l’hôpital Avicenne. Le second est légèrement touché au poignet par un projectile. Selon une source proche du dossier, les deux jeunes hommes ne semblaient pas impliqués dans un point de deal.
Les enquêteurs établissent qu’un individu encagoulé, vêtu de sombre, a tiré à l’aide d’un fusil d’assaut avant de fuir à bord d’une Peugeot 208 volée le 23 mars. Vingt-cinq douilles de calibre 7,62 sont retrouvées sur place, ainsi que six véhicules impactés. La voiture est découverte incendiée peu après à Claye-Souilly, en Seine-et-Marne.
L’enquête, confiée au service départemental de police judiciaire, met en lumière des connexions avec plusieurs dossiers similaires de règlements de comptes déjà instruits par des juges parisiens, dans le même secteur géographique, avec des tirs de kalachnikov. Des investigations téléphoniques conduisent aux mêmes suspects, déjà connus dans ces affaires.
Les soupçons s’étendent jusqu’au Maroc, où le rappeur Maes réside. Les enquêteurs estiment qu’il aurait financé certaines attaques, des virements ayant été identifiés vers plusieurs mis en cause. Déjà condamné le 25 novembre 2025 par un tribunal de Tanger à sept ans de prison ferme pour un projet d’assassinat sur le sol marocain, le rappeur a fait appel. La question de son interpellation dans ce dossier français reste ouverte.
Le 3 février, neuf interpellations sont menées dans plusieurs établissements pénitentiaires, notamment à Nanterre, Lille, Bois-d’Arcy, Osny et Beauvais. Placés en garde à vue à la PJ de la porte de Clichy, la majorité des suspects gardent le silence. L’un d’eux est mis en cause en raison de son bornage téléphonique près de l’incendie du véhicule et de la réception d’un virement du rappeur. Son avocate, Me Anaïs Baziz, conteste toute implication. Deux autres mis en examen évoquent des explications de déplacement, tandis que leurs avocats invoquent le secret de l’instruction.










