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Que faire de ces personnes ? Certains dirigeants ont choisi de les traquer et de les expulser par des opérations illégales et cruelles. Mon gouvernement a opté pour une autre voie : une procédure simple et rapide pour régulariser leur situation. Le mois dernier, mon gouvernement a promulgué un décret permettant à près d’un demi-million de migrants sans papiers résidant en Espagne d’obtenir un titre de séjour temporaire, sous certaines conditions, renouvelable au bout d’un an.

Nous avons agi ainsi pour deux raisons. La première, et la plus importante, est d’ordre moral. L’Espagne fut jadis une nation d’émigrants. Nos grands-parents, nos parents et nos enfants ont quitté l’Espagne pour l’Amérique et d’autres pays d’Europe, en quête d’un avenir meilleur, dans les années 1950 et 1960, puis après la crise financière de 2008. Aujourd’hui, la situation s’est inversée. Notre économie est florissante. Des étrangers s’installent en Espagne. Il est de notre devoir de devenir la société accueillante et tolérante que nos ancêtres auraient espéré trouver de l’autre côté de nos frontières.

La seconde raison qui nous a poussés à nous engager en faveur de la régularisation est purement pragmatique. L’Occident a besoin de population. Actuellement, rares sont les pays occidentaux qui connaissent une croissance démographique. S’ils ne favorisent pas l’immigration, ils subiront un déclin démographique brutal qui les empêchera de maintenir leurs économies et leurs services publics à flot. Leur produit intérieur brut stagnera. Leurs systèmes de santé publique et de retraite seront fortement impactés. Ni l’IA ni les robots ne pourront empêcher cette situation, du moins pas à court ou moyen terme. La seule solution pour éviter ce déclin est d’intégrer les migrants de la manière la plus ordonnée et la plus efficace possible.

Ce ne sera pas facile. Nous le savons. La migration offre des opportunités, mais aussi d’immenses défis que nous devons reconnaître et relever. Il est néanmoins important de comprendre que la plupart de ces défis n’ont rien à voir avec l’origine ethnique, la race, la religion ou la langue des migrants. Ils sont plutôt alimentés par les mêmes forces qui affectent nos propres citoyens : la pauvreté, les inégalités, les marchés non réglementés, les obstacles à l’accès à l’éducation et aux soins de santé. Nous devons concentrer nos efforts sur la résolution de ces problèmes, car ce sont eux qui constituent les véritables menaces pour notre mode de vie.

Peu de gouvernements sont aujourd’hui favorables à la régularisation des migrants. Pourtant, une partie de la population y est plus favorable qu’on ne le pense. En Espagne, la démarche de régularisation a débuté comme une initiative citoyenne soutenue par plus de 900 organisations non gouvernementales, dont l’Église catholique, et bénéficie de l’appui des organisations patronales et des syndicats. Plus important encore, elle est soutenue par la population : selon un récent sondage, près des deux tiers des Espagnols estiment que l’immigration représente une opportunité, voire une nécessité, pour le pays.

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New York Times


Le 26 janvier dernier :

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