Son rôle était de prendre soin des autres, et notamment de ces personnes âgées qui résident dans les Ehpad. Mais ses actes ont montré tout le contraire. Ayant reçu une formation de médecin en Algérie, Mohamed D. exerçait comme infirmier en France, depuis son arrivée dans l’Hexagone il y a presque 20 ans.
En Provence, le sexagénaire a travaillé dans plusieurs établissements. Jusqu’aux faits survenus dans une maison de retraite à Lambesc, début juillet 2023. Une résidente âgée de 72 ans raconte aux aides-soignantes “qu’un monstre a essayé de la violer”, décrivant une scène de plusieurs minutes durant laquelle un infirmier correspondant au signalement de Mohamed D. lui malaxe la poitrine, d’une seule main, au niveau du sein droit, tout en lui disant qu’elle est belle. (…)
L’infirmier, lui, racontera avoir dû ramasser un médicament tombé par terre, puis avoir eu un vertige en se relevant, et c’est comme ça qu’il aurait malencontreusement touché la poitrine de la résidente. Bref, une version pour le moins abracadabrante. La direction de la maison de retraite le somme de quitter les lieux, et avertit les autorités.
Dans la foulée, Mohamed D. sera placé en garde à vue. Et c’est alors que les investigations vont donner encore plus d’ampleur à cette affaire, jugée en ce mois de janvier au tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence. Les enquêteurs découvrent qu’il a déjà été condamné en 2021 pour ce type de faits, à Rodez puis par la cour d’appel de Montpellier, et que l’acte dans la région n’est pas isolé.
Dans les différentes maisons de retraite écumées, où la plupart du temps il ne fera que quelques jours en raison de son comportement, il est décrit comme une personne tenant régulièrement des propos à connotation sexuelle à ses collègues. Du reste, il est également poursuivi pour plusieurs cas de harcèlement sexuel, sur ses lieux de travail comme sur un de ses lieux de vie, notamment une résidence intergénérationnelle à Orange. (…)
Surtout, en juin 2022 à Bédarrides, il agresse sexuellement une résidente de 92 ans. Celle-ci explique qu’elle pleurait, ce jour-là, à cause d’un mauvais souvenir, et qu’en voyant arriver Mohamed D., elle pose la tête sur son épaule. Mais celui-ci en profite, la prend par la taille, la presse contre lui en lui serrant les fesses, et essaye de l’embrasser sur la bouche. La nonagénaire explique encore avoir senti le sexe dur de l’infirmier contre elle. Une plainte est déposée, et l’infirmier mis à pied par l’Ehpad. Quelques mois plus tard, il sera mis à pied d’un autre établissement, à Orange, pour avoir envoyé des SMS à caractère sexuel à une collègue et à la fille d’une résidente. À Grans, en juin 2023, c’est une autre collègue qui l’accuse d’agression sexuelle, alors qu’il lui colle son bras contre les fesses au moment d’intervenir en duo auprès d’une résidente de la maison de retraite. (…)
Et tout ça, alors que sa première condamnation stipulait qu’il avait interdiction d’exercer la profession d’infirmier ou d’aide-soigant… “Je ne savais pas”, affirme Mohamed depuis les box des détenus. (…)
Les “ma chérie“, balancés à toutes les femmes qu’il croise, ne seraient ainsi qu’un “défaut de langage“. (…)
La procureure, de son côté, parle de “faits d’une gravité certaine“, et “d’une personnalité particulièrement inquiétante“. La “multiplicité des faits” l’interpelle, avec une “majorité de personnes vulnérables” concernées. (…)
Pour toutes ces raisons, elle demande une peine de 7 ans d’emprisonnement, avec mandat de dépôt, un suivi sociojudiciaire de 8 ans, l’interdiction définitive d’exercer dans le milieu médical et auprès d’un public jeune ou handicapé. (…)
Après en avoir délibéré, le tribunal condamne le prévenu à 4 ans de prison ferme, avec mandat de dépôt, prononce une interdiction définitive d’exercer une activité de soignant, ainsi que toute activité en lien avec les mineurs ou un public handicapé, peine assortie d’un suivi sociojudiciaire de 8 ans. Il est inscrit au fichier des auteurs d’infractions sexuelles et devra verser 3000 euros de dommages et intérêts à la victime de l’Ehpad de Lambesc.
(Merci à Géraldine.)





