01/02/2026
La pression était trop forte. Capgemini a annoncé dimanche la mise en vente de sa filiale travaillant pour l’ICE, aux Etats-Unis. Le géant français de l’informatique était au coeur de la polémique, suscitée par un contrat passé avec la police américaine de l’immigration.
« Capgemini va mettre en vente sa filiale Capgemini Government Solutions », a indiqué, ce dimanche, l’entreprise dans un communiqué. Le processus de cession « sera initié immédiatement », a-t-elle précisé. Cette entité représente 0,4 % du chiffre d’affaires estimé du groupe en 2025, et moins de 2 % de ses revenus aux Etats-Unis. (…)
27/01/2026
“J’engage Capgemini à faire la lumière de manière extrêmement transparente sur les activités qui sont les siennes, sur cette politique et sans doute à questionner la nature de ces activités”, a déclaré le ministre Roland Lescure, lors de la séance de questions au gouvernement, à l’Assemblée nationale.
Le directeur général de Capgemini, Aiman Ezzat, a déclaré avoir appris “par des sources publiques” la signature en décembre d’un contrat entre sa filiale américaine et l’ICE. Selon le dirigeant, la structure de cette filiale indépendante, soumise à la législation américaine, impose des règles d’étanchéité avec la direction centrale de l’entreprise. Cette filiale “prend les décisions de manière autonome” et “dispose de réseaux étanches”, a poursuivi le patron du groupe.
A l’Assemblée nationale, Roland Lescure a affirmé avoir interpellé l’entreprise à ce sujet. “Je leur ai dit entre nous que cette explication ne suffisait pas et que la moindre des choses, (…) c’est qu’une entreprise qui détient des filiales sache ce qui se passe dans ces entreprises, et c’est ce que Capgemini s’est engagé à faire”, a-t-il commenté après que la police fédérale de l’immigration a été mise en cause dans la mort de deux citoyens américains abattus à Minneapolis (Minnesota) à moins de trois semaines d’écart. (…)
La France insoumise a également commenté ces accusations. En conférence de presse à l’Assemblée, le député LFI Hadrien Clouet a vertement critiqué une « milice suprémaciste qui est déguisée en service fédéral de l’immigration », dont « l’impunité des agents est désormais même garantie » par « l’intervention de leur hiérarchie et des ministres en charge ». « Il est temps que la France assume ses responsabilités », a estimé Hadrien Clouet, déplorant également que des « entreprises françaises privées collaborent, travaillent avec l’ICE ». La patronne des députés insoumis Mathilde Panot a annoncé le dépôt d’une résolution, non contraignante, que son groupe espère faire adopter. (…)







