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Selon un rapport de l’ONG Alarme Phone Sahara (APS), 34 236 migrants ont été expulsés d’Algérie vers le Niger en 2025, un niveau présenté comme inédit. L’ONG affirme que le total réel pourrait être plus élevé, plusieurs structures locales n’ayant pas toujours pu recenser le nombre de personnes présentes dans les convois.

APS décrit des expulsions vers une zone désertique frontalière appelée le “point zéro”, où de nombreux exilés — en majorité non nigériens — seraient débarqués avant de devoir parcourir à pied environ 15 km, sans eau ni nourriture, pour atteindre Assamaka, première ville côté nigérien. Les migrants nigériens, eux, arriveraient par des convois dits “officiels”, en véhicules, avec une prise en charge par les autorités locales.

L’ONG rapporte un pic d’expulsions en avril 2025, dont 1 141 refoulements sur une seule journée, et indique avoir comptabilisé plus de 16 000 expulsions sur les deux mois précédant début juin 2025. Dans ce contexte, le Niger a annoncé en mai vouloir appuyer l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) afin d’accélérer, d’ici juillet, le rapatriement d’environ 4 000 migrants vers leurs pays d’origine, pour éviter un “désastre humanitaire”, tout en soulignant les lenteurs liées aux laissez-passer et aux exigences administratives des États d’origine.

Le rapport évoque aussi une dynamique régionale : APS attribue l’augmentation des convois en 2024 et 2025 à une “collaboration” accrue entre pays du Maghreb contre les mobilités, “encouragée” par des États membres de l’UE, et à des expulsions “en chaîne” depuis la Tunisie et l’Algérie. Le texte rappelle qu’en Tunisie, depuis 2023, des Subsahariens seraient interpellés puis envoyés vers des zones désertiques aux frontières libyenne ou algérienne, avec un risque d’être ensuite dirigés vers la frontière nigérienne.

APS affirme que les forces de sécurité “n’épargnent personne”, mentionnant la présence régulière de femmes, d’enfants et de bébés parmi les expulsés, ainsi que des blessures et traumatismes. InfoMigrants rapporte des témoignages de migrants expulsés après des arrestations dans leur quotidien ou après des tentatives de traversée avortées, dont celui d’un Sénégalais de 25 ans décrivant une dépose dans le désert et une marche épuisante vers Assamaka. APS dit avoir documenté en 2025 sept décès “provoqués par les conditions des expulsions”, dans une zone où des disparitions sont aussi signalées.

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