15/01/2026
Le couple, dont l’homme est en situation irrégulière, a demandé ce jeudi à une juge une astreinte financière de 1 000 euros par jour en cas de non- application de la décision de justice qui oblige le maire de Chessy (Seine-et-Marne, Olivier Bourjot (DVD), à les unir. Soit une somme de 53 000 euros.
Maître Elsa Hug, l’avocate de ces malheureux fiancés, Matilda et Abdel (les prénoms ont été changés), — elle Finlandaise et lui Algérien en situation irrégulière — a saisi, ce jeudi matin, la juge de l’exécution du tribunal de Meaux.
Son objectif : obliger la commune à d’abord publier les bans déterminant une date de mariage, puis à célébrer cette union tant décriée. Mi-décembre, le maire avait démissionné de ses fonctions exécutives avec ses sept adjoints, pour ne pas appliquer une première décision de justice du 10 décembre le contraignant à marier le couple. […]
17/12/2025
La préfecture a par ailleurs «invité (le maire) à préserver la continuité de la vie communale, particulièrement à l’approche des prochaines élections municipales» de mars 2026.
À Chessy, en Seine-et-Marne, la mairie s’est retrouvée brutalement décapitée après la démission collective du maire Olivier Bourjot et de tous ses adjoints, le 13 décembre 2025. L’équipe municipale refusait d’appliquer la décision de justice l’obligeant à célébrer le mariage d’un couple dont l’homme était sous le coup d’une OQTF datant de 2022. La municipalité soupçonnait un mariage frauduleux ; le procureur de Meaux, lui, estimait qu’aucune preuve ne permettait de s’y opposer.
Le conflit remonte au mois de mars, lors de l’examen du dossier de mariage. Les auditions séparées révèlent que l’homme visait, selon la mairie, la régularisation de sa situation plutôt que l’union. Le procureur suspend alors le mariage et ordonne une enquête, avant de conclure le 7 juillet que « l’enquête n’a pas permis de prouver qu’il y avait une intention de fraude ». Malgré les échanges prolongés entre la mairie et le parquet, le mariage devait donc être célébré.
Les citations marquent la fracture institutionnelle. Olivier Bourjot dénonce « le monde à l’envers » et résume : « Parce qu’un préfet a pris une décision, en l’occurrence une OQTF qui n’a pas été exécutée, un maire se retrouve contraint de célébrer le mariage d’une personne qui ne devrait pas être sur le territoire. Et si le maire ne s’exécute pas, il est condamnable ! » Le procureur de Meaux, Jean-Baptiste Bladier, réplique fermement : « Le maire viole la loi en ne célébrant pas ce mariage (…) une fois qu’une décision de justice a été rendue, le maire (…) doit s’y conformer ». Et rappelle sa ligne : « un, la loi, deux, la loi, trois, la loi ».
La décision des élus survient après le référé intenté par le couple, qui obtient le 10 décembre une injonction obligeant la mairie à publier les bans. Plusieurs adjoints expriment publiquement leur soutien au maire : « Cela va à l’encontre de mes principes », écrit Laurent Henry ; « Si demain on m’y oblige, je refuserai encore », ajoute Patrick Lenglet. De son côté, le procureur souligne que « la démission (…) ne saurait faire disparaître » l’éventuelle infraction pénale liée au refus persistant de célébrer le mariage. L’affaire reste donc ouverte, tandis que la préfecture doit désormais trancher dans une situation administrative inédite.










