Une ancienne fonctionnaire des impôts de Bobigny est soupçonnée d’avoir utilisé les fichiers fiscaux pour fournir des informations personnelles à des malfaiteurs, dans le cadre d’agressions ciblées contre des agents pénitentiaires. Incarcérée depuis juin 2025, cette femme de 32 ans a comparu devant la chambre de l’instruction de Paris, qui a confirmé son maintien en détention.
La justice lui reproche d’avoir exploité le logiciel fiscal « Mira » afin de localiser un surveillant de la maison d’arrêt de la Santé. Le 26 septembre 2024, à Montreuil, ce dernier a été violemment agressé à son domicile par trois hommes armés, sous les yeux de son épouse. Les assaillants ont fait explicitement référence au « quartier d’isolement », laissant penser à une vengeance liée à l’exercice de ses fonctions. Les victimes ont été hospitalisées pour de multiples douleurs.
Selon l’avocat général, la suspecte a refusé de livrer le code de son téléphone et l’identité du commanditaire. « Elle a usé de sa fonction de manière totalement anormale pour se mettre au service d’une délinquance chevronnée, sa place est en prison », a-t-il déclaré à l’audience. Les enquêteurs ont mis au jour des flux financiers suspects, ainsi que des consultations répétées de fichiers concernant d’autres surveillants pénitentiaires.
Les investigations révèlent également que l’agente avait effectué des recherches sur des investisseurs en cryptomonnaie, un juge d’application des peines de Laon et le milliardaire Vincent Bolloré. Elle a depuis été mise en examen dans un dossier similaire instruit par la JIRS de Nancy, concernant des dégradations visant d’autres agents pénitentiaires.





