L’affaire suscite un tollé outre-Manche. Fuad Awale, qui avait tué deux adolescents d’une balle dans la tête en 2011, avait été placé à l’isolement après avoir pris en otage un gardien et exigé la libération d’un prédicateur islamiste.
Condamné pour violations de droits humains, l’État britannique a accepté de verser 240.000 livres sterling à un double meurtrier islamiste, placé à l’isolement après avoir pris en otage un agent pénitentiaire quelques années plus tôt.
Un placement en isolement qui aurait fait tomber Fuad Awale dans une «lourde dépression», et qui l’a poussé à saisir la Haute Cour de justice, invoquant l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’Homme, qui stipule que toute personne a droit au respect «de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance».
Ses avocats en ont profité pour dénoncer l’«opacité» des autorités pénitentiaires dans leur décision d’isoler Fuad Awale, et soutenu qu’il existait au sein de la prison de nombreux détenus «racistes» et «islamophobes», ce qui aurait limité encore davantage le nombre de personnes avec qui Awale aurait pu «s’associer», autrement dit, partager sa cellule ou mener une quelconque activité au sein de l’établissement pénitentiaire.
Des arguments qui ont visiblement fait mouche auprès de la Haute Cour. Ellebogen «a jugé que le secrétaire d’État à la Justice n’avait pas donné à M. Awale des raisons suffisantes pour son exclusion», et qu’il «avait enfreint le devoir d’égalité du secteur public en ne menant pas d’enquêtes sur l’impact de la présence d’un nombre important de prisonniers racistes/islamophobes dans le centre pénitentiaire, et sur la capacité des prisonniers non blancs ou musulmans à s’associer avec d’autres.»









